Les relations grands-parents – parents – enfants

Alors aujourd’hui, je suis mal à l’aise avec l’attitude de mes parents envers mes enfants. Et mes enfants, naturellement, comprennent que leurs grands-parents ne les aiment pas comme ils sont et n’ont pas confiance en eux, alors ils se renferment.

enfants tristes

En visite chez mes parents, nous sommes dans un autre monde. Celui de la domination de l’adulte sur l’enfant. Celui des certitudes qui ne doivent en aucun cas être remises en question car l’adulte sait. Ces comportements engendrent nombres de réactions nocives pour le développement de la confiance en soi et dans l’immédiat, cela nuit à la relation grands-parents – petits enfants.

Une chose est certaine, nous nous aimons mais l’expression de notre amour est conditionnée par nos croyances et les miennes sont à l’opposées de celles de mes parents. Du coup, mes parents sont mal à l’aise avec mon attitude et celle de mes enfants, tout comme nous sommes mal à l’aise avec la leur.

Alors mes enfants se replient sur eux. Ils s’enferment dans la chambre, n’osent plus leur parler. Ils n’ont rien à leur dire, puisqu’ils savent tout. Ici, il faut mériter les choses, être sage, obéir, faire ce que l’adulte demande, quand il le demande, quand ça l’arrange, lui, et sans rechigner. Ici, aimer ses petits enfants, c’est leur apprendre les bonnes manières. C’est les forcer à faire des choses, pour leur donner le sens des efforts, pour leur bien.

Je vois mes enfants rentrer la tête dans les épaules. Je les entends à peine chuchoter pour demander du bout des lèvres un morceau de pain à table. Et je vois mes parents qui s’énervent sur eux, les jugeant « mal élevés » puisqu’ils osent poser la cuillère à gauche de l’assiette, puisqu’ils mettent des bouchées trop grosses dans leur bouche, puisqu’ils mangent trop vite et s’ennuient à les attendre pour le dessert…

Et puis, quand mes parents leur posent une question, ils sont en stress, quelle réponse donner ? Ils savent que leurs grands-parents ne posent pas des questions pour apprendre ou s’intéresser à la vision des enfants. Ils posent des questions pour les amener à apprendre des choses qu’ils savent, eux. Cela part d’une bonne intention, ils veulent transmettre leur savoir. Mais ils ne se rendent absolument pas compte que la façon dont ils le font est inintéressante, humiliante et engendre l’effet inverse, avec des enfants qui les regardent avec surprise et tout ce qui sors de leur bouche est : « je ne sais pas, oui, non ». Et cette attitude, ce manque d’intérêt, est très mal perçu et énerve encore plus mes parents !

Ainsi, je me demande comment gérer cette relation ?

Si je m’en mêle, mes enfants se sentent protégés mais pour mes parents, je suis surprotectrice et une mauvaise mère qui ne leur apporte pas les bases de la vie en société, ma mère devient alors particulièrement agressive et mes enfants souffrent de nous entendre nous disputer.

Si je ne m’en mêle pas, j’ai le sentiment de redevenir une enfant avec mes enfants, totalement soumise à leurs volontés, valeurs et croyances au détriment des miennes, en plus de la pensée d’être une mauvaise mère qui abandonne ses enfants à leurs réactions nocives.

Car sur ce chemin de l’éducation bienveillante, je constate chaque jour les effets bénéfiques sur mes enfants. Je les vois plus rieurs, plus calmes, capables de raisonnements pertinents qu’ils n’hésitent pas à partager avec moi (car aucun risque de moquerie, jugement…). Je les vois remettre en question certains de mes propos avec une toute autre perspective et parfois avec virulence. Mes enfants me bousculent dans mes certitudes et je trouve cela riche. Pour nous, l’important est que chacun respecte les besoins des autres. Les enfants ont une capacité à aimer inconditionnellement et notre relation est surtout pleine d’amour.

Alors je voudrais tellement que mes parents accueillent cet amour inconditionnel qu’offrent les enfants. Je voudrais tellement que mes enfants se sentent inconditionnellement aimés de leurs grands-parents.

Parce que j’aime mes parents, parce que je veux voir mes enfants heureux et parce que je veux partager un maximum de moments en famille pendant que nous sommes trois générations encore en vie.

J’ai donc proposé à mes parents de chercher des solutions. Ils ont exprimés que chez eux, ils veulent que cela se passe selon leur vision. Je n’ai pas cédé. J’ai respiré, j’ai répété que je me suis suffisamment formée et instruite sur le sujet de l’éducation et des neurosciences pour savoir parfaitement ce que je fais. Quoi qu’ils disent, ils ne pourront pas me convaincre que j’ai tord car je sais le mal que les réactions nocives ont eut sur moi enfant.

Je ne cherche pas à les convaincre ou les former, mon souhait est uniquement de passer des moments ensemble, dans le respect de nos différences. J’ai proposé de préciser leurs besoins afin de trouver des solutions respectueuses et acceptables pour tous. La notion d’authenticité de leurs besoins et la juste place « à qui appartient le problème ? » est complètement perdue dans le fameux « c’est pour leur bien ! ». Et la notion de respect des enfants, leur rythme, leurs centres d’intérêts, leurs besoins est inaccessible pour eux.

Toutefois, je vois que ma mère a arrêté de vouloir me convaincre. Mon père, lui, continue de faire des remarques et tenir des propos tranchés sur sa vision mais il n’y a plus de dispute car je ne relève pas ses remarques et il n’est pas agressif.

J’espère qu’avec le temps, je serais plus apaisée par rapport à leur attitude qui m’a fait souffrir enfant et me touche encore aujourd’hui. Ma petite fille intérieure voudrait tellement être acceptée, respectée et aimée comme elle est…

Je sais aussi que le temps permet aux enfants de gagner en confiance en soi et capacité de répartie pour mieux gérer ces situations.

Enfin, peut-être que mes parents deviendront plus curieux pour l’éducation bienveillante et parviendront-ils à aimer inconditionnellement leurs petits-enfants.

Laissons le temps au temps !

Et vous, comment se passent les relations grands-parents, parents, enfants ? Qu’avez-vous mis en place pour que cela se passe bien malgré les différences de vision entre éducation « à l’ancienne » et éducation bienveillante ? Je vous invite à partager vos expériences en laissant un message…

2 réflexions sur “ Les relations grands-parents – parents – enfants ”

  1. Que ça me fait du bien de lire votre article !
    Je découvre votre site à travers une recherche Google avec « éducation bienveillante » et « grands-parents » !
    Je vois (mais je m’en doutais) que je ne suis pas la seule dans ce cas.
    Pour ma part, les rencontres avec mes parents m’éprouvent beaucoup, et elles n’apportent que peu de choses à mon fils. Heureusement nous habitons loin les uns des autres.
    Tant pis pour mes parents, que je continue à aimer malgré tout, mais dont je ne cherche plus l’approbation.
    Je préfère prendre soin de nos besoins, à moi et à mon fils, que de subir pour leur faire plaisir.
    J’ai pris conscience qu’ils ne nous accepterons jamais comme nous sommes. Alors je n’ai pas coupé les ponts, mais je pense que l’été prochain je ne leur confierai pas notre fils à garder, même quelques jours, et pour Noël, j’ai de moins en moins envie d’y aller. Un petit coucou à la webcam suffira.
    Je vais aller parcourir tout le reste de votre site, mais je suis déjà plus que convaincue et je pratique.
    Avec mon conjoint, c’est parfois tendu car il est loin d’être aussi nocif que mes parents, mais il est parfois très maladroit.
    Là j’hésite souvent à intervenir.
    Laisser dire et que mon fils en souffre, ou interférer à chaque fois… C’est fatigant j’avoue.

    1. Merci Anne pour ton commentaire. Cette situation est complexe. A ce jour, nous n’allons plus chez mes parents et eux ne veulent plus passer de temps avec nous non plus. Cette situation est difficile pour tous, les enfants qui subissent les violences, nous les parents qui avons pris conscience de ces violences et les grands parents qui ne comprennent pas en quoi ils font mal… J’espère que de ton côté cela évolue autrement… ?

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