J’ai frappé mes enfants !

Alors aujourd’hui, mon réservoir d’amour est vide. Je me sens seule. Tellement seule. Je suis épuisée. C’est quoi le sens de tout ça ?

tristesse

Je suis convaincue de prendre les bonnes décisions éducatives mais je suis seule. Je n’ai aucune épaule sur laquelle me poser, aucun relais bienveillant. Le père de mes enfants et mes parents ne cherchent pas à être bienveillants. Ils les aiment à leur façon, et ils sont bien comme ça. Alors j’ai peur. J’ai peur de ne pas y arriver.

 

SCÈNE DE VIOLENCE ÉDUCATIVE ORDINAIRE

Et puis, j’ose l’avouer. Quand nous étions chez mes parents la semaine dernière, j’ai crié et frappé mes enfants. Cela fait des années que je travaille sur moi, je sais que toute situation peut-être gérée avec bienveillance mais là, la pression était telle que j’ai emprunté cette foutu autoroute de comportement ! Comme un alcoolique, qui ne devrait pas approcher une bouteille, j’ai approché la violence éducative ordinaire et j’ai rechuté.

Cela faisait une semaine que nous étions chez mes parents. Le climat était conflictuel mais je pensais que j’étais suffisamment solide pour gérer la situation. Ce soir là, après le dîner, j’étais en train de ranger la cuisine quand Mihran est venu me trouver :

  • Maman, Adonis veut me frapper.
  • Quel est le problème ?
  • Je ne sais pas, il veut me frapper.
  • Adonis, viens nous voir stp. Mihran me dit que tu veux le frapper. Est-ce exact ?
  • Oui.
  • Que se passe-t-il ?
  • Il le sait très bien !
  • Mihran, Adonis pense que tu sais pourquoi…
  • Non, je ne sais pas.
  • Adonis, peux-tu lui expliquer ce qui t’a énervé car Mihran dit ne pas savoir.
  • Il ment ! Il sait pourquoi !!!
  • Mihran, Adonis dit que tu dois savoir pourquoi, peux-tu me le dire stp ?
  • Non, je ne sais pas.
  • Mihran, tu es venu me voir afin d’avoir une médiation car vous n’arrivez pas tout seul à trouver la solution à votre conflit. Adonis, il s’est passé quelque chose qui t’a mis en colère et je fais de mon mieux pour vous aider. Mais si vous refusez de définir le problème, je ne peux rien faire ! »

Comme chacun campe sur ses positions, je leur dis que j’abandonne et je pars dans ma chambre. Là, Adonis entre en courant avec Mihran qui le suit en pleur avec le poing levé :

  • Mihran veut me frapper !
  • Adonis m’a frappé, maman, je te l’avais dit et tu n’as rien fait !

Excédée, j’attrape Mihran pour qu’il ne frappe pas son frère :

  • Tu veux frapper ton frère ?
  • Oui !
  • Tu veux de la violence, en voilà !

Je lui donne une claque derrière la tête.

  • Adonis, vient ici !
  • Je ne veux pas venir car je ne veux pas que tu me frappes, ça fait mal.
  • Viens ici tout de suite !!! Toi aussi tu veux de la violence, en voilà !

Et je lui donne la même claque derrière la tête. Là, il se met à rire.

  • Tu trouves ça drôle la violence ? Tu aimes ça ?

Et je le refrappe. Il pleure. Je suis furieuse :

  • Tu refuses de m’expliquer le problème et dès que j’ai le dos tourné, tu frappes ton frère. Tu trouves ça bien ?

Et je le refrappe. Je suis dans une rage folle. Je suis frustrée de l’échec de la médiation. Je suis fatiguée des reproches de mes parents sur mon attitude avec mes enfants. Je crie :

  • Vous aimez la violence, je peux vous en donner ! Moi, j’ai été élevée comme ça, avec des claques !

Et je leur redonne une claque à chacun. Je les domine par ma posture et ma voix tranchante :

  • C’est tellement facile la violence ! Vous n’êtes que des enfants, je peux vous faire tout ce que je veux. Vous êtes sans défense ! C’est tellement facile de frapper et crier !

Je vois dans leur regard la peur. Je leur fais peur. Je ne ressens aucune culpabilité sur le moment. J’ai d’abord le sentiment que c’est juste car c’est de leur faute. Je retrouve ce climat de violence que je connais tant ! J’y suis en terrain connu, c’est comme confortable. Cette fameuse zone de confort retrouvée !

  • Pourquoi je perds mon temps à chercher à faire la médiation ? Pourquoi je fais autant d’efforts pour devenir une maman bienveillante alors que vous ne faites rien pour m’aider ? Moi, mes parents ne se sont pas fatigués pour comprendre ! Vous voulez que je fasse comme papy et mamie ? C’est ça que vous voulez ?
  • Non.
  • Non.
  • Alors STOP !!! Aidez moi ! J’ai déjà assez à gérer mes parents et leurs reproches, ne m’en rajoutez pas !!!!

 

AMOUR INCONDITIONNEL

Ce soir là, après avoir couché les enfants, seule dans mon lit, je me sens nulle, j’ai un énorme sentiment d’échec qui m’envahie et je m’écroule en larmes. Cette épreuve me fait réaliser que j’attends que mes parents m’aiment comme je suis et qu’ils aiment mes enfants comme ils sont mais moi, je veux les voir changer…

Je me rappelle pourquoi je suis venue : je veux partager des bons moments en famille pendant que nous sommes encore en vie. Alors, je décide de les accepter comme ils sont. Cette décision va me permettre de prendre du recul. Dès qu’ils font une remarque, je me répète : « ils sont comme ils sont, je les aime ».

Quand ils cherchent à me convaincre que je dois faire des choses auxquelles je ne crois pas, je leur répète : « je fais à ma façon, je ne cherche pas à vous convaincre de faire pareil et vous ne parviendrez pas à me convaincre de faire comme vous trouvez que c’est mieux. Je suis venue pour que nous partagions de bons moments ensemble pendant que nous sommes encore en vie, parce que je vous aime. ». Ainsi, le séjour va se terminer dans un climat moins agressif.

 

CULPABILITÉ

Pourtant, depuis mon retour chez moi, j’ai encore une « boule au ventre ». Je me dis que ça va passer, j’ai fait de mon mieux. Et bien non, ça ne va pas ! Je me rappelle ce que j’ai fait et j’ai honte.

J’ai honte. Mais je veux dépasser cette honte et oser le dire car je veux donner un sens à tout ça. Je veux exprimer combien le chemin de la bienveillance est difficile ! Je ne supporte plus d’entendre que c’est la facilité, le laisser faire, une éducation sans limite ni respect. L’éducation bienveillante n’est pas laxiste ! Elle demande authenticité, connaissance de soi et gestion émotionnelle.

 

UN CHOIX ÉDUCATIF DIFFICILE

Mais voilà, les neurones miroirs sont toujours en action et selon notre environnement, nous parviendrons à acquérir plus ou moins rapidement ces nouvelles compétences. Pour moi, éduquer en reproduisant les violences éducatives reçues dans ma propre enfance serait bien plus facile ! Pas épanouissant, pas efficace, mais facile…

Je fais le choix d’une relation harmonieuse avec mes enfants. Je fais le choix de vouloir leur apporter la confiance en soi et l’estime de soi dont ma petite fille intérieure rêvait de recevoir de ses parents. Je fais le choix de la confiance dans le potentiel d’apprentissage et de bienveillance de mes enfants. Je fais le choix de la responsabilisation par cette confiance.

Je fais le choix de renoncer aux cris, punitions, fessées, claques, menaces, à la posture de domination de l’adulte. Je fais le choix de renoncer à l’image traditionnelle du « bon parent ».  Nancy Doyon, coach familiale canadienne a parfaitement décrit ce « bon parent » :

 

UN BON PARENT FABRIQUE UN ENFANT PARFAIT !

« pour être un bon parent, il faudrait « fabriquer » un enfant… :

  • sage, mais sociable. Il ne doit pas être le clown de la classe, mais il doit être populaire, avoir beaucoup d’amis sans toutefois être influençable ni trop leader…
  • élève modèle et studieux, qui a de bonnes notes, qui fait ses devoirs sans rechigner, mais qui est aussi sportif. C’est important l’activité physique! Au point où on en est, Il devrait aussi performer dans son équipe de soccer. S’il se traîne les pieds, nous aurons l’impression d’avoir éduqué un paresseux. Il doit donc être calme et obéissant dans une classe, mais énergique et audacieux sur un terrain de soccer!
  • obéissant rapidement aux adultes. Il doit être docile lorsque ses parents ou l’enseignante lui donnent des consignes, et ce, même s’il n’est pas d’accord. Mais, il doit, en même temps, s’affirmer devant les copains et se défendre quand il est confronté aux intimidateurs. Nous voulons qu’il prête ses jouets à son petit frère et joue avec lui même s’il n’en a pas envie, mais nous ne voudrions surtout pas qu’il devienne le « mouton » de la cour d’école. « Ne te laisse pas faire », lui dit-on lorsqu’il nous parle du petit caïd qui tente de lui voler sa place dans le rang. Puis cinq minutes plus tard, nous lui disons : « Cesse de faire pleurer ta sœur. Laisse-lui donc ton camion. »
  • exprimant ses opinions et faisant valoir son point de vue à ses camarades bien que nous détestions qu’il argumente sur nos règles et nos consignes.

Bref, nous voudrions que nos enfants aient toutes les qualités, sans avoir les défauts ou les inconvénients liés aux traits de caractère. Et nous croyons que nous sommes les seuls responsables de ce qu’ils deviennent. Les enfants ne sont pas de la pâte à modeler! »

Pour lire son article complet : http://lasolutionestenvous.com/encadrer-son-enfant-en-respectant-sa-personnalite/

 

MAUVAISE MÈRE

Et bien non, je ne suis pas une mauvaise mère parce que je ne veux pas « fabriquer » cet enfant idéal ! Et puis, ce n’est pas possible ! Ce n’est pas parce que je cris, puni, menace, que mes enfants vont devenir cet enfant ou un autre que j’aurai imaginé ! Ces pratiques sont non seulement inefficaces mais surtout, j’ai pris conscience qu’elles sont en désaccord avec l’amour que j’ai pour eux.

Alors oui, en avançant sur le chemin de l’éducation bienveillante, je remets en question l’éducation que j’ai reçue et mes parents se sentent jugés. Alors ils me font remarquer le moindre comportement « inadapté » – c’est-à-dire qui sort de la description ci-dessus – de mes enfants pour me faire comprendre combien ma méthode éducative est inefficace. Tout ce qu’ils disent, c’est pour m’aider, pour me faire prendre conscience à quel point je fais fausse route. Bref, c’est pour mon bien et celui de mes enfants !

J’entends cela. Je ne suis pas déstabilisée par ce fameux « c’est pour ton bien » que je connais par cœur. Mais de nouveau baignée dans ce flot de violences éducatives ordinaires, je sens que j’imite spontanément la posture de domination de l’adulte sur l’enfant. C’est tellement facile de dominer un enfant ! Je m’entends de nouveau donner des ordres et exiger obéissance. C’est tellement confortable de ne pas avoir sa parole remise en question !

Dans ce climat, seule avec mes valeurs, mes connaissances, mon amour pour mes enfants et mes croyances, je n’y arrivais plus. Je n’étais plus en posture de coopération. Je sentais en moi une lutte pour me repositionner en posture bienveillante, ce nouveau chemin neuronal que j’ai mis tant de temps à tracer. J’étais seule, tellement seule là bas à reconnaître les bienfaits de la bienveillance et en connaître les outils. Alors je me suis perdue. Je n’arrivais plus à gérer ni mes enfants, ni mes parents.

 

UNE COMPÉTENCE CONSCIENTE

Et aujourd’hui, je me suis connectée à cette boule dans mon ventre et j’ai réalisé combien ce séjour m’a épuisée et combien j’ai honte d’avoir ainsi maltraité mes enfants. Du coup, mes peurs de ne pas arriver à cette fameuse compétence inconsciente reviennent. Je parviens à me reconnecter à mes valeurs, connaissances et croyances et je retrouve ma posture bienveillante. J’ai parfaitement conscience que je dois rester vigilante afin de bien emprunter le nouveau chemin neuronal de la bienveillance et non l’autoroute des violences éducatives ordinaires.

Et je sais que je dois recharger moi-même le réservoir d’amour de ma petite fille intérieure car ses parents ne savent pas le faire. Je ne sais plus qui disait « nous sommes tous des victimes de victimes ». Je dois prendre ma petite fille intérieure par la main et la bercer d’amour. Je suis comme je suis. Mes parents m’aiment à leur façon.

Je ne cesse de dire qu’il ne sert à rien de culpabiliser quand on s’entend encore crier, punir ou violenter son enfant mais je connais la honte que l’on ressent quand on le fait ! Alors je suis de tout cœur avec chaque parent qui ne demande qu’à devenir ce parent bienveillant.

Je suis de tout cœur avec chaque parent qui rêverait d’être aussi à l’aise qu’Isabelle Filiozat, Thomas Gordon, Faber et Mazlish et tous ces mentors qui nous montrent le chemin. Bien sûre, j’ai pleuré en lisant leurs livres. Ma petite fille intérieure rêvait d’avoir ces parents bienveillants. Alors je me suis faite la promesse d’y arriver, moi, à devenir ce parent bienveillant pour mes enfants.

 

Oui, je sais quel parent je veux être. Je sais comment y arriver. Je me suis formée en Intelligence émotionnelle, en Programmation neuro linguistique, je me suis initiée à la méditation et je continue à apprendre car je reconnais combien cette voie est difficile.

Aujourd’hui, je suis de tout cœur avec chaque parent qui malgré son éducation « à l’ancienne », ancre sa volonté de tracer son chemin sur la voie de l’éducation bienveillante.

Je continue d’imaginer et de formaliser des trucs et astuces pour y arriver alors même que nous vivons au milieu de violences environnantes, car même les meilleurs parents ont besoins d’une communauté bienveillante pour poursuivre leurs actions !

Avec toute mon authenticité,

Karine

16 réflexions sur “ J’ai frappé mes enfants ! ”

  1. I’ve been browsing on-line greater than three hours lately, yet I never discovered any attention-grabbing article like yours. It is beautiful worth sufficient for me. In my view, if all site owners and bloggers made excellent content as you probably did, the net will probably be much more helpful than ever before.|

  2. il est très fort cet article ! il me touche et j’ai l’impression de ressentir ce que tu as pu vivre. J’ai tendance aussi à être moins bienveillante, beaucoup plus autoritaire et demandé la soumission de mes enfants en présence de mes parents. Je crois qu’inconsciemment j’aimerais qu’ils réagissent à ma « violence » et se rendent compte que ce n’est pas la solution, pour qu’ils se remettent en question…. mais ça ne marche pas comme ça 🙂
    Bonne idée ce petit mantra !

  3. Merci pour cet article, cela fait du bien de comprendre que ce n’est pas si facile de sortir de ce schéma, cela fais 1 an que j’ai découvert la bienveillance, et malgré toute ma bonne volonté il m’arrive encore de leur crier dessus ou de donner une fessée, c’est la culpabilité, assurée, et surtout le sentiment d’être une mère incapable de sortir de ce schéma dans lequel j’ai baignée petite. Je me sens très seule, le papa je le convainc de jour en jours, son enfance encore plus chaotique il est plus sceptique,
    Merci cela donne du courage, dur d’être bienveillant quand on est seul

    1. Tu n’es pas seule Cerise !!! Malheureusement, nous sommes la majorité à avoir reçu ce que j’appelle une éducation « à l’ancienne ». Notre cerveau s’est ainsi imprégné de toutes ces violences. Mais le premier pas est la prise de conscience et tu l’as fait ! Maintenant, tu ne peux que progresser 🙂
      Surtout ne restes pas seule. Participes à des rencontres parentales et s’il n’y en a pas près de chez toi, organises en !
      J’avais moi-même l’impression d’être seule mais en fait, j’avais plein de voisines tout aussi désemparées que moi… Il m’a suffit de rompre ce silence et de partager avec authenticité mon désir de bienveillance. Tu n’imagines pas combien de parents (enfin, surtout des mamans !) sont ravies de se retrouver et se sentir moins seules face à cette prise de conscience. C’est important de se soutenir, je le répète presque chaque mois dans ma newsletter 🙂

  4. Votre article me touche beaucoup, je suis envahie de triste souvenir.
    Moi aussi il m’est arriver d’être au bout du rouleau et de ne plus savoir comment réagir face à mes enfant.
    Il faut apprendre à garder l’énergie positive en nous et de fair le mieu possible attention à l’environnement sociable qui nous entour , parce que je pense c’est la base de se que nous cumulons , quand Sava pas sa se lâché sur une partie de notre chair , nos enfant malheureusement ….

    1. Merci Dilan pour ton commentaire. Faisons de notre mieux pour prendre conscience de notre propre violence et construire de nouveaux réflexes bienveillants.

  5. Je voulais aussi laisser un petit commentaire BIENVEILLANT à propos de ton article. Je vis la même chose en ce moment avec mes deux garçons. Je viens de découvrir votre site, en pianotant sur Google, j’ai tapė mon fils … J’ai honte, je vous jure, je n’arrive pas à contrôler cette colère qui me pousse à agir de la sorte. Je suis complètement désemparée. J’ai tenté d’appliquer les conseils d’Isabelle Filioza mais cela ne fonctionne pas, je dois sûrement m’y prendre mal. Mais je vais lire vos articles et celui là m’a redonnée un peu de force et de courage pour continuer. Merci

    1. Merci Sandra pour ton authenticité. C’est difficile de reconnaître que le problème n’est pas l’enfant mais notre propre colère. C’est pour cela que j’ai compris que la bienveillance commence par soi. C’est important d’aller à la rencontre de notre histoire et nos croyances afin de libérer cette colère.

      Je constate encore que mon émotion de maman face à mon enfant qui ne m’écoute pas, est la même que celle que je ressentais enfant lorsque les adultes ne m’écoutaient pas. La seule différence c’est que face à mes enfants, je peux imposer l’écoute par la force.

      Tout le travail consiste à dissocier notre enfant intérieur de la situation actuelle. Catherine Gueguen explique bien ce phénomène quand elle explique que d’un point de vue neuronal, un enfant qui n’a pas été écouté deviendra un adulte incapable de ressentir naturellement l’empathie face à un enfant qui a besoin d’être écouté…

      Sandra, je t’encourage à persévérer sur ce chemin de conscience et de développement de ta bienveillance (pour toi surtout car c’est de là que peut s’exprimer la bienveillance pour les autres). J’espère que mon expérience que je partage ici sur ce blog sera un réel soutien. C’est une démarche courageuse dans laquelle nous ne sommes pas forcément soutenus par nos proches, alors c’est important de se soutenir entre parents qui veulent arriver à devenir bienveillants.

  6. Il me semble que vous zappez le plus important, et les expériences exprimées dans les commentaires également..Vous n’avez pas travaillé sur votre colère envers vos parents, vous dites « Dès qu’ils font une remarque, je me répète : « ils sont comme ils sont, je les aime ». Il me semble que vous passez trop vite sur le mal qu’ils ont pu vous faire, ce qui ne vous permet pas d’exprimer toute la colère et le chagrin de l’enfant en vous, et donc ne vous permet pas de vous débarrasser de la reproduction de la violence éducative. Vous êtes encore « collée » à eux, et fidèle à leur « vision ». Couper ce cordon se fait en analyse, enfin moi je l’ai fait grâce à la psychanalyse. Et c’est Alice Miller qui différencie « attente d’amour » et  » amour », et je crois que l’on peut toute sa vie attendre l’amour de ses parents et penser qu’on les aime..alors que les deux sentiments sont différents. Juste mon avis. Mais il me semble que vous êtes rattrapée par ce qui n’a pas été abordé , du moins suffisamment, de votre propre histoire. Bon courage à vous, vous y arriverez ! et c’est vous qui avez raison 😉

    1. Merci Elisabeth pour cette vision très juste ! Effectivement, travailler sur la colère de notre enfant intérieur est primordial. J’y travaille depuis plusieurs années et je pense aussi que c’est un passage salvateur. Sur ce sujet, je vais ajouter le livre « Je t’en veux, je t’aime » d’Isabelle Filliozat comme super ressource.

  7. Merci pour cet article. J’avais les larmes aux yeux en lisant la scène de violence. Parce que c’est une scène hyper dure. Et parce qu’il m’arrive moi aussi de retomber dans la violence, tendance hystérique, alors même que je suis à fond Filliozat, Faber et mazlich et tout et tout. A chaque fois je culpabilise à fond. Même si je ne tape pas, j’ai des gestes dégradants comme pousser ma fille avec dédain, et je crie pour lui faire peur. Je suis fière car ces scènes sont rares, mais elles existent. Et comme toi, presque toujours dans les mêmes situations, quand leur père part qq jours pour le boulot. C’est rageant parce que le reste du temps on assure ! on réussit à être dans la bienveillance ! Mes parents ont aussi été sceptiques au début, mais il faut dire aussi que mes filles étaient les premiers petits enfants, ils avaient un peu oubliés le bazar que ça fait, un môme de 2 ans ! Maintenant mes parents comprennent à peu près notre philosophie éducative, mais manquent d’outils et de connaissance. Pour éviter de crier ou de s’énerver, ils parlementent trop, font la morale, ce qui n’est pas plus efficace. Mais bon je vais pas les envoyer en formation F&M, je trouve déjà formidable leur évolution !

    1. Merci Emmanuelle pour ce message d’espoir d’évolution des grands-parents ! Peut-être qu’un jour mes parents aussi comprendront 🙂

  8. Je passae mon temps a raler sur mes enfants de 3 et 8 ans, cela m epuise. Le moindre quiproquo par en live , tous le monde s enerve, et rien ne s arrange. Je me suis lancer le defi mais mon bracelet change de cote tres souvent . Je vais perdurer pour nous rendre la vie plus douce. Merci pour vos conseils. ML

    1. Bravo pour votre courage ! Ce n’est pas facile du tout de réagir avec bienveillance quand on ne l’a pas reçu soit-même enfant. J’espère que les fiches à télécharger gratuitement vont vous y aider.

  9. quand je lis vos témoignages, je me rends compte qu’il est parfois dur de ne pas reproduire ce que l’on a toujours connu. je remercie tellement ma famille.. ( parents, grands parents, arrières grands parents,oncles tantes… )d’avoir toujours été bienveillante. tout dans le dialogue, dans l’envie de donner une image positive à l’enfant pour l’aider à trouver le meilleur de lui même… jamais de méchanceté, de violence..
    et pourtant, avant ( surtout pour mes arrières grands parents et grands parents) c’était presque mal vu de ne pas punir ses enfants.
    je suis tellement reconnaissante d’avoir grandit dans une famille comme celle-ci, car je sais que je ferai obligatoirement des erreurs avec ma fille, mais je n’ai vraiment aucun réflexe de violence . et je dois avouer que même si ma fille est très jeune, je n’ai jamais l’impression d’être en colère après elle. Parfois je suis très fatiguée, énervée, fachée etc… mais je n’ai jamais eu peur de perdre le contrôle de moi même.
    Je trouve votre blog génial, car il permet de montrer que tout le monde peut aller vers cette façon d’élever ces enfants, et que tous parents sera amener un jour à faire des erreurs et à se remettre en question
    Merci pour tous ces conseils 🙂
    Bises

    1. Merci Marion pour votre commentaire très encourageant ! Vous incarnez la preuve qu’une relation bienveillante avec un enfant lui permet de devenir un adulte dénué de réflexe de violence à l’égard de ses enfants (et j’en suis certaine, des autres personnes, enfants et adultes, en général !).
      Je me réjouie de lire que cette relation bienveillante existe dans votre famille depuis plusieurs générations ; c’est tellement motivant !
      Je vous embrasse aussi Marion 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *