J’ai 5 ans !!!

Le 1er mai 2015, j’annonçais la naissance de ce blog, aujourd’hui, nous sommes le 1er mai 2020, il a 5 ans ! 

Quel bilan de ces 5 années pour le blog ?

Ce blog est né de mon désir de partager les outils qui m’ont permis construire une relation plus harmonieuse avec mes enfants et un bien être dans mon rôle de maman. Je ressens toujours une joie immense à offrir mon soutien à tous les parents fatigués qui sentent que les violences éducatives ordinaires ne sont pas une solution et veulent développer les habilités de communication bienveillante.

Ayant reçu une éducation « à l’ancienne », cela n’est pas facile tous les jours d’éviter les VEO. Et en tant que maman solo, je n’ai pas de relais, je porte la responsabilité de trouver de l’argent pour vivre, organiser les activités de chaque enfant, gérer la logistique des menus, approvisionnement, préparation des repas, ménage, lessives, et en plus, nous avons 2 chats et habitons au 4eme étage sans ascenseur ! Autant de situations qui peuvent engendrer fatigue, stress et débordements émotionnels en tout genre !

Avec authenticité, je reconnais ma violence et loin de juger les autres, je veux les soutenir. Car derrière chaque acte de violence, il y a une émotion, un besoin, une valeur, une croyance, qui n’a pas su s’exprimer autrement. Je veux soutenir les parents qui comme moi, sentent bien que la violence n’est pas une solution et qui veulent faire autrement.

Ce blog est avant tout constitué de pages truffées de ressources, réflexions et anecdotes. Il y a peu d’articles. En 2017, après 2 années de vie dans un climat de plus en plus bienveillant et dans le cadre de l’instruction en famille, j’ai identifié le paradoxe de l’éducation bienveillante. J’ai réalisé à quel point ces 2 mots sont antinomiques, jusqu’à craindre ne plus être en accord avec son url.

Finalement, j’ai réussi à accueillir le fait qu’en partant d’un comportement bien ancré dans les VEO (violences éducatives ordinaires), je me suis d’abord tournée vers l’idée de me faire obéir sans crier. Puis j’ai découverts les outils de l’éducation bienveillante, pour ensuite expérimenter la communication bienveillante, sans recherche poussée d’éducation. J’ai conscience que renoncer à toute forme d’éducation est particulièrement délicat et que la notion d’éducation bienveillante est avant tout salvatrice pour sortir des VEO. Donc je suis en accord avec le maintien de mon url et poursuivre mon blog.

Pourtant, je suis restée 3 ans sans publier d’article. J’expliquerai plus en détail pourquoi dans une prochaine publication. Mais durant ces 3 ans, je suis restée mobilisée sur le sujet en animant des ateliers bienveillance, des rencontres parentales, des coaching familiaux et individuels, et en restant disponible par téléphone. Encore aujourd’hui, même si depuis 1 an je ne prends plus le temps d’organiser des ateliers, je reste disponible pour les animer en cas de demande.

http://education-bienveillante.fr/4-jadhere-mais-je-galere/4-2-ateliers-ressources/

 

Que s’est-il passé pour moi et mes enfants ?

La bienveillance est loin d’être un aboutissement mais bien un point de départ. C’est ce point de départ qui nous a conduit, mes enfants et moi, sur le chemin de l’Instruction En Famille (IEF). Et c’est la rencontre avec toutes ces familles IEF, très nombreuses en région parisienne, qui m’a amenée à construire une réflexion plus poussée sur les notions de sobriété heureuse, décroissance, autonomie et oasis de vie. Ces notions répondent à un besoin écologique, à celui d’entraide et de vivre ensemble autrement.

https://www.colibris-lemouvement.org/projets/projet-oasis

Ce cheminement nous a amené à ouvrir le champs des possibles et visiter des oasis de vie en création où nous pourrions nous installer. Finalement, toutes les oasis de vie sont supers d’un point de vu humain et projet. Mais aucun projet ne répondait à 2 autres critères essentiels pour nous : la proximité géographique avec le papa des enfants pour maintenir la garde d’un week-end sur deux, cumulé à mon budget de 4 000 euros maximum. Aucun projet ne répondant à ces critères, j’ai décidé de créer le mien.

 

{Parenthèse sur la question des ressources financières qui m’est souvent posée en tant que maman solo en IEF.

En 2015, je me suis retrouvée au RSA. Sachant qu’en 2010, j’avais eu la chance d’obtenir un logement « HLM » de la ville, et grâce à l’aide au logement, nous avons pu survivre avec ce RSA. En 2016, j’ai recommencé à travailler. Seulement les week-end et vacances durant lesquelles les enfants étaient chez leur père. C’était bénéfique à la fois financièrement et moralement.

Depuis 2017, les enfants sont assez matures, responsables et autonomes pour rester quelques heures seuls et me permettre de travailler plus souvent. Alors, évidemment, ils s’agit de jobs à temps partiel afin de rester disponible pour les activités des enfants.

Je fais des missions d’animation commerciale dans les grandes surfaces et des inventaires. Ce qui est super, c’est que j’anime uniquement des produits auxquels je crois (notamment je suis ambassadrice pour le robot companion de Moulinex et les whisky MHD) et comme j’aime le relationnel humain, mes ventes se passent bien et en plus de ma rémunération horaire, j’ai régulièrement perçu des primes pour dépassement de mes objectifs.

A noter que les enfants sont très porteurs de la décroissance car ils préfèrent vivre sobrement mais libres. Donc grâce à ces jobs, à notre faible consommation et à l’argent offert par ma maman à chaque noël et anniversaire, j’ai réussi à mettre 3000 euros de côté et j’ai fait un crédit à la consommation cetelem de 1000 euros, sans condition de ressource, pour cumuler 4 000 euros de budget. Je ferme cette parenthèse financière, je sais que c’est un sujet sensible et chacun le gère comme il peut.}

 

Ainsi, fin juillet 2017, j’ai trouvé un terrain à 3h de Paris pour 12 000 euros. J’ai eu un vrai coup de coeur et en août, je faisais une offre d’achat. Dans la foulée, j’ai envoyé des messages de proposition de projet, auxquels 3 personnes ont répondues. En septembre, nous avons créé la SCI, en octobre, nous signions le compromis de vente et le temps pour le notaire de faire les papiers notamment pour la SAFER, c’est en janvier 2018 que nous avons signé l’achat.

Ce blog sur le sujet de l’éducation bienveillante, n’est pas le lieu pour m’étendre sur ce projet et j’envisage de créer un blog dédié, ou une chaine youtube, ou les deux ! Pour le moment, nous avons déjà créé une page facebook qui s’appelle « L’expérience du Hamac ». J’y mettrai plus de photos et d’explications sur ce que nous faisons.

https://www.facebook.com/pg/Lexpérience-du-Hamac-109343170450007/posts/?ref=page_internal

Ici, je vais juste vous parler des grandes lignes.

En été 2018, nous avons passé presque 4 mois sur le terrain. De juin à octobre. Nous avons pris nos marque sur ce terrain de 5000 m² en bordure de foret disposant d’un puits et d’un bâtiment en pierre abandonné depuis 20 ans. La priorité pour nous a été de poser un campement pour dormir, cuisiner, se laver et disposer de toilettes sèches. Puis nous avons cherché à mettre le bâtiment hors d’eau pour qu’il cesse de se dégrader.

En été 2019, nous avons passé moins de 2 mois sur le terrain. La situation a été plus complexe à gérer mais nous avons avancé sur la réparation des fissures du bâtiment, et l’exploitation d’un cabanon en bois récupéré d’une association Parisienne.

Pour l’été 2020, nous avons quelques idées et nous en parlerons sur « L’expérience du Hamac ».

Ce qui est intéressant ici, c’est de voir la réaction des enfants face à ce projet. En 2018, c’était l’aventure, l’excitation des découvertes les premiers jours puis le choc de vivre sans internet, sans ordinateur, sans tous les jouets de la maison. Il ont dû trouver leurs occupations ou participer aux nôtres et sortir du luxe des habitudes parisiennes. Il y a eu des jours plus difficiles que d’autres avec parfois des cris, beaucoup de médiations participatives, et une fois des mots tranchants d’exaspération face à nos enfants supers troooop exigents, faut pas déconner non plus !

En 2019, les enfants savaient ce qui les attendaient et ont traînés des pieds. On les a appâtés avec des vélos, plus d’électricité et de forfait 4G. Qu’est ce qu’il ne faut pas faire quand même ! En contrepartie, nous avons demandé plus de participations aux activités et notamment, ils étaient responsables de la vaisselle à tour de rôle. Encore une fois, pas tous les jours facile, quasiment toujours en râlant mais ils faisaient. Nous avons accueilli les râleries avec plus ou moins d’humour selon la fatigue du jour.

Avec ce confinement dans notre appartement, mes enfants commencent à se réjouir d’y retourner bientôt. Malgré la vaisselle qui les attend, ils se réjouissent de retrouver les balades en vélo, le trampoline et nous envisageons de poser une piscine.

 

Le lien entre ce terrain et l’éducation bienveillante, c’est de pouvoir y accueillir des stages ou simplement des séjours camping durant lesquels les familles profitent de leur vacances avec les activités sur place et aux alentours, tout en étant accompagnés dans la gestion des conflits. Cette vie communautaire apporte un vrai soutien à la pratique concrète de la communication bienveillante. Ainsi, au-delà des théories et concepts abordés en atelier, la mise en pratique sera facilitée.

 

Le bilan de ces 5 années, c’est toujours plus de bienveillance. Bienveillance pour la planète avec une réflexion écologique de décroissance, bienveillance pour soi, dans des choix de vie qui me mettent en joie et bienveillance pour mes enfants dans l’écoute et le respect de leur personne.

Ces 5 dernières années ont contribué à développer un lien très complice entre mes enfants et moi, dans une totale liberté d’expression, bordée par un respect mutuel. Nous exprimons et accueillons nos émotions, ce qui peut rendre le ton et le langage parfois un peu vif mais toujours authentique 🙂

Pour ce blog, je veux qu’il permette encore de soutenir et passer le message que la bienveillance, c’est l’authenticité de ses émotions et le respect de celles de l’autre, non pas la fausse zenitude au milieu de l’orage !

Et joyeux anniversaire à vous qui me suivez depuis plus ou moins longtemps !

Avec bienveillance,

Karine

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