Diplômes et apprentissages informels

Alors aujourd’hui, j’ai le plaisir de partager avec vous des nouvelles des quelques grands issus de l’IEF (Instruction En Famille).

Quand j’ai lu ces nouvelles sur la liste de discussion non sco, cela m’a confortée dans l’idée que l’instruction en famille offre un cadre idéal d’éducation bienveillante.

Diplome MBA juin 2013

L’un est très bien classé à l’issue de son année de prépa maths sup.

Un autre a été reçu (très bien classé aussi) au concours de médecine.

Une autre est déjà embauchée d’avance dans le service d’urgences du grand hôpital parisien où elle effectue le dernier stage de sa formation d’infirmière, grâce à ses qualités relationnelles avec les malades et sa bonne intégration dans l’équipe.

Et surtout, ils expriment qu’ils sont heureux d’apprendre dans les domaines qu’ils ont choisis !

 

Voici ce que raconte leur mère sur les modalités de leur instruction :

« Depuis le début, ils n’ont pas été à l’école. Je disais toujours ni « école » ni « à la maison » ! Pas de cours par correspondance pour eux. Pas de manuels scolaires, ni de programme scolaire
.

Un abonnement au Palais de la Découverte (!!!) avec environ une visite mensuelle. »

 

Les principes éducatifs des parents de ces brillants étudiants sont :

  • Proposer beaucoup mais ne pas imposer,
  • Partage du plaisir (mot important pour la maman) des lectures, des découvertes mathématiques et autres, comme la musique, le bricolage, les travaux manuels, la cuisine, la nature…
  • Beaucoup de temps à jouer, notamment à l’extérieur (car habitant en milieu rural dans un village à 50 km de Paris).

 

Plus précisément au niveau du parcours scolaire :

  • Pour celui qui fait médecine.

Il a tout d’abord voulu passer son bac en candidat libre. Mais peut-être par manque de formatage aux exigences de l’examen, il a échoué. Très motivé, il a donc fait le choix d’intégrer le lycée de secteur en Terminale S, malgré la contrainte du temps de transport (ramassage scolaire : 1h le matin, 1h le soir !). Bachelier, il part faire des études de Physique à Aix en Provence (pour rejoindre sa copine, précise sa maman), puis il fait le choix des études de médecine à la fac de Montpellier.

  • Pour celle qui est infirmière.

Elle a souhaité aller au collège à 14 ans. Elle fera sa 3ème et sa 2nde dans le système classique. Puis elle choisi le Lycée Autogéré de Paris où elle a eu son bac, en 1ère et Terminale S. Après une année d’études en biologie, elle fait le choix de passer le concours infirmier de l’AP-HP.
Elle vit depuis 3 ans avec son copain, grâce à une petite bourse et son travail fréquent le week-end (en plus de ses études) comme faisant fonction d’aide-soignante (possibilité pour les étudiants infirmiers à partir de la 2ème année).

  • Pour celui qui est en Maths Sup.

Il a souhaité essayer le collège à 11 ans (cas du petit dernier qui voit les plus grands commencer à construire leur vie en dehors de la maison ?). Il a fait une 6ème au collège, n’a pas voulu continuer l’année suivante, mais a choisi d’y retourner en 4ème.
Puis 3 ans au lycée de secteur, bac S, puis prépa Maths à Paris… (petite chambre d’étudiant, payée grâce à la bourse et à l’APL).

 

Je suis heureuse de constater une nouvelle fois que cette liberté des apprentissages, permet d’appuyer sur les plaisirs et les partages, non les contraintes et la compétition. Ce format permet de maintenir un climat de bienveillance tout au long de l’enfance, pour permettre à l’individu de prendre le temps de se construire une confiance en soi et une connaissance de soi, facilitant sa véritable intégration dans le paysage économique, au travers de ce qu’il souhaite apporter au monde.

Je reste convaincue que l’école peut être un lieu d’éducation bienveillante dans la mesure où les professionnels se mettent en posture d’accompagnants et de facilitateurs des intérêts des enfants. Un petit d’Homme est naturellement curieux et heureux d’apprendre. L’école devrait être un lieu de satisfaction de curiosités.

 

En lisant John Holt, Alexander S. Neill ou encore Jean-Pierre Lepri, je pressentais que les apprentissages informels correspondraient le mieux à mes enfants. Après les avoir déscolarisé, j’en suis toujours convaincue, même si parfois, je suis encore aux prises du conditionnement que j’ai reçu.

Mon éducation « à l’ancienne » a engendré les croyances :

  • si un enfant n’est pas suffisamment curieux d’apprendre plein de choses,
  • s’il ne connait pas le programme scolaire,
  • s’il n’apprend pas assez jeune à faire des efforts,
  • s’il n’est pas habitué très jeune à la notion de contraintes,

alors :

  • il ne pourra pas faire de grandes études,
  • il ne pourra pas s’adapter au monde du travail (avoir un chef),
  • il deviendra un marginal, incapable de s’intégrer au monde civilisé,
  • il sera égocentré, irrespectueux des autres et ne réussira pas sa vie.

 

Evidemment, je sais qu’il s’agit de croyances infondées. Je ne connais aucun exemple d’une personne instruite en famille dans un climat d’éducation bienveillante aillant évolué de la sorte ! Au contraire, plus je me documente, plus je découvre d’histoires comme celles de ces 3 anciens non sco.

Ce sont des personnes dont la motivation n’est pas d’être meilleur que le voisin. Elle n’est pas de coller à un model de réussite sociale. Elle n’est pas d’avoir peur de décevoir sa famille. NON. Ces personnes ne font pas des efforts pour faire plaisir à un autre, pour répondre à l’exigence d’un autre. Car dans ce cas, l’effort serait douloureux, il engendrerait un sentiment d’injustice qui demanderait réparation. La pression risquerait d’être déversée sur autrui, pour exiger à son tour, les efforts d’une autre personne.

 

Dans l’histoire de ces 3 personnes, leur parents ne leur ont rien imposés. Dans ce climat de bienveillance, où les enfants ont eu tout le temps de jouer, d’expérimenter, de choisir, ils se sont connectés à la capacité inhérente à tout humain, la capacité à l’effort.

 

Ces enfants sont devenus des adolescents et jeunes adultes intrinsèquement motivés. Ils savaient exactement pourquoi ils travaillaient beaucoup le programme scolaire. Leur motivation est personnelle. Ils se connaissent et veulent exercer le métier qu’ils ont choisi. Cette motivation là, c’est un moteur qui lie l’effort au plaisir d’apprendre. Car l’effort n’est pas une notion négative de contrainte. L’effort est avant tout une notion de dépassement de soi, de plaisir !

L’autre jour, j’écoutais un conférencier raconter l’histoire d’un millionnaire de 70 ans qui avait tout loisir de siroter un cocktail sur une plage. Mais cet homme continuait à travailler. Cet investisseur immobilier était tout excité à l’idée des travaux qu’il allait faire dans son nouvel appartement de location saisonnière. Il disait, « tout sera dans la nouvelle porte que je vais mettre. Cette porte est « bandante » ! » Le conférencier riait d’avoir dit ce mot devant 400 personnes ! Mais tout est là. Comme les sportifs qui font des efforts d’entrainement impressionnants. Ceux qui le font par auto-motivation sont les plus heureux !

 

Faire des efforts pour soi, pour atteindre l’objectif que l’on s’est fixé, c’est peut-être cela le bonheur et l’objectif ultime d’une éducation bienveillante…

 

Avec bienveillance,

Karine

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