Comment rester zen avec son enfant ?

Cette question je l’entends encore et encore !!! Et vous allez trouver plein d’astuces sur internet… Respirez… Allez crier à la fenêtre… Tapez sur des coussins… Faites vous couler un bain… Prenez du temps pour vous… Et plein d’autres du même genre.

J’ai aussi vu des articles de mamans qui au contraire, disent  : « moi, je ne frappe pas mon enfant mais le punir dans sa chambre ou au coin, c’est parfois nécessaire ! ». Je lis encore « une fessée, ça n’a jamais tué personne ! ».

Et moi, j’ai juste envie de dire que se fixer comme objectif de rester zen avec ses enfants, c’est une énorme fumisterie ! Mais frapper ou punir c’est pas parce qu’on le fait depuis des générations que c’est bien !

                                                  Alors si rester zen c’est impossible et que la violence n’est pas une issue acceptable, comment on fait avec nos enfants ???

 

Quand je suis devenue maman, je n’ai pas cherché à pratiquer une éducation bienveillante et je n’avais aucune idée de ce que pouvaient être les VEO (Violences éducatives Ordinaires). J’aimais mon enfant, évidemment que je ferai tout pour son bien !

Mais voilà, il cri, réclame, il s’énerve pour un rien, ne sait pas expliquer pourquoi il pleure, il ne supporte pas la frustration, il est lent, ne respecte pas les horaires, il veux manger n’importe quoi qui est mauvais pour lui, il refuse de se laver, ne veut pas aller se coucher, il ne m’écoute pas… Et malgré tout mon amour, il m’énerve, me pousse à bout, j’en arrive à crier pour me faire entendre, voire le frapper pour qu’il arrête de faire n’importe quoi…

Personnellement, quand j’ai frappé mon enfant, j’ai bien senti que quelque chose se déchirait au fond de moi… Et je suis persuadée que la plupart des parents ressentent cela.

Seulement, comme je ne savais pas comment faire autrement, j’ai eu besoin de me rassurer… C’est là que j’ai sorti ces vielles phrases toutes pourries : « une fessée n’a jamais tué personne » ou « punir et mettre au coin, c’est toujours mieux que frapper ». Mouai, derrière ces phrases, en réalité, il y avait une maman fatiguée qui faisait de son mieux et qui n’avait pas envie de recevoir une quelconque critique.

Ce que je veux dire, c’est qu’en mettant la pression aux parents pour qu’ils restent zen, c’est contre productif. Comme c’est impossible, on va chercher à justifier notre comportement violent qu’on a nous même reçu, au lieu de le faire évoluer.

STOP A LA VIOLENCE ET STOP A LA ZEN ATTITUDE

 

J’ai adoré l’article : « Quand l’éducation bienveillante me saoule ».

http://www.mamanvogue.fr/quand-leducation-bienveillante-me-saoule/

J’en parle dans mon article précédent : « Qui parle d’éducation bienveillante ? »

http://education-bienveillante.fr/qui-parle-deducation-bienveillante/

Elle exprime clairement combien c’est impossible de rester zen quand un enfant nous agace !

 

Et puis, je reçois des mails de mamans qui me disent : « Il a encore beaucoup de cris à la maison, je n’arrive pas à être bienveillante, comment avez-vous fait pour y arriver ? »

Mais moi, je n’ai pas cherché à être zen, j’ai cherché à être respectueuse. Dans cette quête de la bienveillance, j’ai trouvé du zen, mais c’est une conséquence, pas un objectif.

 

Ah oui, et avec le rester zen, il y a le « il faut apprendre à gérer ses émotions » Celle là aussi c’est une drôle de fumisterie !

Comme dit mon amie Marie Neige : « une émotion ne se gère pas, elle s’accueille, se vit, s’écoute, se libère… » Gérer une émotion pour éviter ses effets, c’est comme mettre un couvercle sur la casserole de lait… On ne voit plus le lait mais il va quand même finir par déborder ! Donc soyez certains que quand on croit avoir « géré » son émotion, on l’a juste ravalée, mais elle va déborder à un moment ou un autre. Et si ce n’est pas sur l’enfant, ce sera sur le conjoint, le voisin qui a encore oublié de ramasser les crottes de son chien, ou le collègue qui manque carrément d’autonomie… Bref, nos émotions sont.

 

Notez que Marshall Rosenberg, le père de la communication non violente nous dit que la girafe peut crier 🙂 C’est rassurant non ?

Et je ne m’étendrai pas sur cette femme qui a fait sa thèse sur l’autisme, en montrant un lien direct entre le manque d’expression émotionnelle de la maman et son enfant autiste. Ni cette autre femme, elle même schizophrène qui fait le lien entre sa guérison et son accueil émotionnel… Ce sont là des sujets sensibles et je ne m’y connais pas assez pour en débattre. Je retiens juste la notion primordiale d’accueil et d’expression émotionnelle.

Passons cette parenthèse médicale et revenons à nos bambins plein de vie qui refusent d’obéir.

 

Prenons l’exemple de cette maman qui m’écrivait dernièrement : « Concernant la bienveillance on n’est toujours pas au top, beaucoup de cris à la maison ». Elle m’écrit que son conjoint cri surtout pour le sujet de la nourriture. Il trouve très important de leur cuisiner des repas sains et les force à finir leur assiette.

Voici ma réponse :

Je veux rebondir sur les cris à la maison. Dernièrement, j’ai lu ce qui se dit sur l’éducation bienveillante et j’ai bien senti que la croyance est la zen attitude. Genre pas de cri. 

Le truc c’est que c’est émotionnellement normal et sain de crier quand l’émotion de frustration est là et qu’on ne sait pas quoi en faire. C’est notre enfant intérieur frustré qui n’a jamais appris à gérer sa frustration que l’on entend s’exprimer. Ca ne sert à rien de culpabiliser ou chercher à rester zen quand on va mal à l’intérieur. Le principal, c’est d’en avoir conscience.

Ensuite, de se poser les bonnes questions : pourquoi je cri ? Qu’est ce qui me frustre ? Quel est mon besoin ? Je veux que mon enfant mange ses légumes; je suis frustré, et bien au lieu de crier manges tes légumes, je cri je suis frustré parce que je veux que tu manges tes légumes. Alors, là tout devient plus clair. Je peux avancer dans mon authenticité. Pourquoi je veux que mon enfant mange ses légumes ? Et je lui cri je pense que les légumes sont bons pour ta santé. Et alors ça devient encore plus fluide… Je veux que tu sois en bonne santé. Pour en arriver toujours à la même conclusion : parce que je t’aime et je me sens mal de ne pas arriver à prendre soin de toi comme je crois que je devrais le faire en te permettant de manger équilibré et sainement. 

Ce ne sont pas les cris qui sont mauvais. C’est le manque d’authenticité qui fait croire à l’enfant qu’il a un devoir d’obéissance et de soumission et que s’il ne le fait pas, il est une mauvaise personne.

Plus tard, elle m’a écrit : « Je trouve que j’ai progressé je sais identifier l’origine de ma colère mais j’ai toujours l’effet cocotte minute… Je fais abstraction d’un truc qui m’énerve jusqu’à ce que ça explose… et je n’anticipe pas parce que je suis occupée. »

Cet effet cocotte minute, c’est exactement ce qui se produit quand on se fixe le calme comme objectif de bienveillance. Donc premier objectif : l’authenticité !

Je sens l’émotion, je l’écoute, je mets de la conscience sur mon besoin, et je l’exprime. Plus je l’exprime, plus je suis bienveillant avec moi et mon enfant. Pas besoin de rester zen, juste respectueux et vrai.

Notez que quand on est complètement déconnecté de soi, c’est difficile de mettre de la conscience sur son besoin. Donc la solution, toujours la même, exprimer ce qui se passe : « je sens que cette situation m’énerve, je n’arrive pas à trouver mon besoin mais ça m’énerve. Si tu as une idée de pourquoi ça m’énerve, je t’écoute»

Toujours proposer aux gens qui nous aiment de nous aider. Et ceux qui nous aiment le plus au monde sont nos enfants, ça tombe bien, hein 😉

Je résume :

STOP A LA VIOLENCE, STOP A LA ZEN ATTITUDE.

OUI AUX EMOTIONS, OUI A L’AUTHENTICITE.

Ne cherchez pas la zen attitude.

Rien ne sert d’avoir un ton de la voix calme alors que vous ne l’êtes pas à l’intérieur. Réconciliez vous avec vos émotions. Voir quelqu’un qui cri pour nous donner des ordres ou nous juger, n’a rien à voir avec quelqu’un qui cri qu’il est frustré et en colère de ne pas arriver à faire ce qu’il voudrait. Autant le premier nuit à la relation, autant le second peut construire le lien.

Ne mettez pas la charrue avant les bœufs.

Etre calme et zen, ne peuvent pas être un objectif bienveillant. Ils sont des conséquences de l’harmonie et la sérénité qu’on a réussi à créer dans sa vie et l’expression de la relation harmonieuse que l’on a avec ses enfants.

Un pas après un autre :

  1. Je veux respecter mon enfant et me respecter moi aussi.
  2. Je mets de la conscience.
  3. Je ressens mes émotions.
  4. Je m’exprime avec authenticité.
  5. Je crée de l’entraide et du lien avec mes enfants.
  6. Je m’épanouis dans ma vie.
  7. Je suis zen.

 

Avec bienveillance,

Karine

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