7- A propos de moi

  1. Je veux tout pour mes enfants
  2. Une éducation « à l’ancienne »
  3. Prise de conscience
  4. Partages
  5. Apprendre et pratiquer
  6. De la contrainte à l’accompagnement

 

1- Je veux tout pour mes enfants

Je me présente : Karine Stoëckel, maman d’Adonis et Mihran, nés respectivement en 2007 et 2008. Etre maman pour moi est certes une aventure pleine d’amour maispas tous les jours vécue dans la joie et le bonheur.

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Je veux tout pour mes enfants : je veux les protéger sans les frustrer, je veux qu’ils maîtrisent les conventions sociales tout en leur laissant la possibilité de les faire évoluer, je veux qu’ils développent leurs potentiels émotionnels et rationnels, je veux qu’ils grandissent dans le bien-être et deviennent des adultes libres et heureux et je veux faire tout cela en respectant mes propres besoins et dans un quotidien sans cri, ni punition, ni violence.

Et bien vous savez quoi ? C’est difficile !!!

J’ai beau connaître Thomas Gordon, Isabelle Filliozat, Faber et Mazlish ou encore Alexander S. Neill, c’est difficile de mettre leurs outils et conseils en pratique spontanément au quotidien quand on a reçu une éducation « à l’ancienne ».

 

2- Une éducation « à l’ancienne »

Si c’est aussi compliqué, c’est parce que j’ai reçu une éducation « à l’ancienne ». J’ai appris que résoudre un problème passe par le rapport de force et que pour les enfants, ce sont les adultes qui commandent. Un enfant doit obéir à ses parents et professeurs. J’étais sincèrement convaincue qu’une bonne claque calme les caprices et n’a jamais tué personne. Ces croyances, je les tenais directement de mon environnement.

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Mes parents voulaient vraiment bien faire. Ma mère, tout comme la plupart du corps enseignant, est sincèrement convaincue par le modèle de réussite Français : travailles bien à l’école, passes ton bac, vas le plus loin possible dans les études, trouves un travail, gagnes de l’argent et tu seras heureux.

Je dirais que ma mère croit sincèrement dans l’égalité des chances de l’école Française. Même si elle voyait bien que je n’étais pas conforme au format de l’école, elle a toujours cru bien faire en me disant que la structure économique est ainsi faite que l’école est un passeport pour trouver du travail. Et surtout, en tant que femme, c’est important d’être financièrement indépendante.

Je me rappelle de ma mère me disant : « tu n’as pas le choix, la vie est ainsi, je ne te laisserai pas gâcher ton avenir, tu auras ton bac, à coups de pieds au cul s’il le faut, mais tu auras ton bac ! ». J’ai arrêté de lutter au lycée.

J’ai adopté la vision générale de réussite. J’ai donc passé mon bac, fais des études, trouvé un travail, un amoureux, je passe les méandres de ma vie amoureuse et professionnelle mais toujours est il que je suis devenue maman à mon tour. Et j’ai reproduit ce modèle éducatif.

 

3- Prise de conscience

J’aurais pu perpétuer l’éducation à « l’ancienne » mais voilà, un jour, à la halte garderie, je mets une claque sur la main de mon fils de 18 mois qui touche à tout sans autorisation. L’auxiliaire, avec énormément de bienveillance me dit : « madame, comment pouvons-nous dire aux enfants que ce n’est pas bien de frapper si vous le frappez ? » J’en suis restée sans voix. Une prise de conscience importante venait de s’enclencher.

Prise de conscienceEn parallèle, je m’interroge sur mon mal être conjugal. Et alors que je me renseigne sur les aides possibles pour me séparer, ce sera une assistante sociale qui mettra des mots sur ce mal qui me ronge : « mais madame, ce que vous me décrivez a un nom : il s’agit de violences conjugales ». Et elle m’oriente vers une association spécialisée : Tremplin 94.

Petit à petit, je vais réaliser que mon quotidien baigne dans nombre de comportements violents que je banalisais. Mon niveau d’acceptation des comportements violents est élevé.

Le 3 juillet 2009 sera le jour où je dis STOP aux violences. Je m’enfuie avec 2 valises et mes enfants âgés de 1 et 2 ans. Mes parents ont toujours été là pour moi et il m’est évident qu’ils seraient d’accord pour nous accueillir chez eux. Mais j’ai le sentiment que ce serait quitter un climat de violence pour en retrouver un autre. Il ne s’agit pas de maltraitance mais plutôt d’ignorance des dégâts que leurs mots et attitudes ont sur moi.

J’ai la chance incroyable d’être hébergée par une amie dont le métier est Auxiliaire en crèche. Grâce à elle, je vais découvrir une pédagogie éducative bienveillante et commencer à gérer mes enfants avec moins de violences.

Apprendre la bienveillance2

Ces années sont marquées par le soutien de mon amie et de Tremplin 94, au travers de ses entretiens individuels avec des éducatrices spécialisées dans les violences, les groupes de paroles et de soutien à la parentalité. Je vais aussi découvrir l’Intelligence émotionnelle de Daniel Goleman. Cela va me permettre de mieux comprendre mes comportements, ceux du père de mes enfants et de mes parents. Je prends conscience du fonctionnement du cerveau humain. (Pourquoi on ne nous apprend pas cela à l’école ?)

Un nouveau pallier important dans mon développement personnel aura lieu en 2013. Je vais suivre la formation de praticien PNL (programmation neuro-linguistique) de Caroline Thay. Au-delà de la pratique des outils, cette formation est un travail sur soi libérateur et constructif.

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Dès lors, les événements vont s’accélérer. Je vais découvrir Deepak Chopra, Byron Katie, Faber et Mazlish, Thomas Gordon, Isabelle Filliozat, ou encore Alexander S. Neill, John Holt, le film documentaire « Etre et Devenir » de Clara Bellar et la communauté des familles non scolarisantes.

J’ai beaucoup de gratitude pour toutes ces personnes qui m’ont permis ces prises de conscience et ces apprentissages à la bienveillance. J’étais dans une totale ignorance et je sais que c’est le cas de beaucoup.

 

4- Partages entre mamans

Je rencontrais des difficultés avec mes enfants comme être à l’heure à l’école, obtenir qu’ils s’habillent tout seul, les faire se brosser les dents, etc… J’en parlais avec d’autres mamans à la sortie de l’école. Et je voyais bien que nous avions toutes les mêmes questionnements.

Partage entre mamans

Alors début 2014, j’ai proposé aux mamans de se réunir pour échanger et partager nos astuces éducatives. C’est ainsi qu’ont débutés des soirées discussion sur l’éducation. Et quand j’ai mis en pratique de nouveaux outils avec mes enfants et que j’ai vu les rapides résultats, j’ai immédiatement partagé mes réussites avec ces mamans.

C’est ainsi que je leur ai proposé un atelier qui résume les outils et méthodes pour leur permettre de pratiquer elles aussi. Nous avons assisté à de véritables victoires et preuves que gérer des enfants sans cri, ni punition, ni violence, c’est possible !

Maintenant, je veux que ce blog montre qu’il n’y a pas d’un côté les mauvais adultes, violents qui n’ont rien compris et de l’autre les supers adultes bienveillants qui ont tout compris et qu’il faudrait prendre comme modèle. La frontière n’est pas aussi évidente. Notre société est composée de personnes qui pensent bien faire. Chacun fait de son mieux avec son histoire, son environnement, ses croyances et réflexes conditionnés.

Par mon témoignage, j’encourage des prises de conscience NON culpabilisantes sur les dégâts de certains de nos comportements avec les enfants. Ensemble, félicitons-nous de vouloir bien faire et de réaliser que nous pouvons mettre en œuvre les pratiques d’une éducation bienveillante.

Mon blog est une « mise à nue de mon histoire personnel » qui a pour objectif de permettre à d’autres d’instaurer les outils de l’éducation bienveillante dans leur famille ou école.

 

5- Apprendre la bienveillance

Acquérir une nouvelle compétence passe par 4 paliers d’apprentissage :

  • l’incompétence inconsciente,
  • l’incompétence consciente,
  • la compétence consciente et
  • la compétence inconsciente.

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Tout d’abord, je ne savais pas ce que je ne savais pas. C’est le stade de l’incompétence inconsciente. Et puis, il y a eu ma prise de conscience : je suis violente avec mon enfant. C’est le stade de la culpabilité : « comment j’ai pu faire ça à mon enfant ? ». Et arrive la question suivante : « mais je fais comment pour qu’il m’obéisse sans le violenter ? ». Je venais de prendre conscience de mon incompétence à la bienveillance !

C’est là que j’apprends. Je lis. Je lis beaucoup. Je parle et je partage avec d’autres parents et professionnels de l’enfance. Le problème, c’est que cela ne suffit pas pour passer à la compétence consciente. Car pour devenir compétent, il faut pratiquer. « C’est en forgeant que l’on devient forgeron », donc je forge.

Au début, je réalise que mon comportement manquait de bienveillance seulement après coup. Alors je vais m’excuser auprès de mes enfants. Je m’excuse beaucoup et souvent. Heureusement, je vais progresser en réalisant mon manque de bienveillance cette fois en pleine action. Je me reprends immédiatement, certes avec maladresse mais je me reprends.

A force de détermination à développer mes compétences en éducation bienveillante avec mes enfants, je parviens à prendre conscience de la montée de ma violence avant qu’elle ne s’exprime. Je respire, je prends le temps, j’écoute, j’expose mon besoin ou je propose une médiation. Mais voilà, je me retrouve encore dans des impasses qui se terminent par « vas dans ta chambre ou bien je vais te frapper, je ne vais pas réussir à me retenir encore. »

J’ai connu des ratés, encore et encore. Je crie, je tire par le bras, je lève la main, je le regrette, je présente mes excuses. J’exprime encore ma volonté de bien faire et mes difficultés à refréner ces comportements violents. Mais bon sang, quand parviendrais-je à cette compétence ???

 

6- De la contrainte à l’accompagnement

J’ai compris. La violence est déjà dans le fait de vouloir contraindre. Dès lors que j’ai décidé que mon enfant doit faire quelque chose qu’il ne veut pas, j’ai beau chercher toutes les méthodes possibles de bienveillance, mon objectif est de le contraindre à le faire.

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La compétence arrive avec la capacité à ne plus penser en terme de contrainte mais en terme d’accompagnement. Cette nuance est tellement subtile que je la perds dans les méandres de la responsabilité de la protection de mon enfant et le fameux « c’est pour son bien ».

Les contraintes :

  • Brosses tes dents, c’est bon pour toi !
  • Laves toi, c’est bon pour toi !
  • Manges ça, c’est bon pour toi !
  • Passes ton bac, c’est bien pour ton avenir !
  • Fais pas ci, fais comme ça, moi je sais, c’est pour ton bien !

L’accompagnement :

C’est le bon moment pour aller te brosser les dents… Je vois que tu ne veux pas te brosser les dents et j’ai peur que tu ais des caries. Quelles solutions avons-nous à ce problème ?

Et si une solution acceptable était de laisser l’enfant décider ? Et si mon rôle était juste de lui apprendre les risques et conséquences ?

Parce que moi, mes parents ont été très fermes sur le brossage des dents et ça ne m’a pas empêché de ne pas le faire et d’avoir des caries. Donc commander, râler, vérifier, crier, frapper, ne protège pas des caries !

Alors pourquoi ne pas opter pour une solution comme : je te rappelle tous les soirs et matins le bon moment pour te brosser les dents (et je ne te rappelle plus les risques et les bienfaits que tu connais), et toi, tu décides si tu le fais ou non.

Et bien pour ma part, je suis beaucoup plus détendue et mes enfants aussi. Après 2 jours sans brossage (peut-être pour tester si j’étais sérieuse et ne les forcerais vraiment pas), ils se sont brossés les dents. L’un le fait tous les soirs, sauf grosse fatigue. L’autre le fait de temps en temps. Et ce dernier était surpris, à la visite chez le dentiste, qu’il lui dise qu’on voit bien qu’il se brosse correctement les dents !!!

A noter que je râle. Je suis contrariée quand il ne se brosse pas les dents. Je ne le forcerai pas à le faire, il a le droit de décider et moi, j’ai le droit de râler ; jusqu’au jour où je parviendrai à vraiment lâcher prise !

Les sujets de l’hygiène, la nourriture, l’école sont aussi des sujets très intéressants qui tous, nous amènent à la question : à qui appartient le problème ? Et comme mon père aime citer Confucius : « l’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru », et chacun a son propre chemin.

Donc j’ai compris que l’éducation bienveillante passe par renoncer à contraindre, contrôler, décider de la vie de l’enfant ; la bienveillance passe par le savoir vivre ensemble, devenir capable de communiquer avec authenticité, trouver des compromis et des solutions acceptables pour tous.

contrainte a accompagnement

Accompagner et respecter les choix de l’enfant peut paraître étrange pour certains. Pendant longtemps, l’enfant était considéré comme une « propriété » de ses parents et aujourd’hui, des parents pensent exprimer leur amour en permettant à l’enfant de vivre la vie que lui aurait voulu, ou voudrait avoir.

Mais l’enfant est un individu distinct et l’amour est de l’accepter tel qu’il est. L’adulte doit vivre sa vie et permettre à l’enfant de construire la sienne comme il l’entend. De plus, accueillir l’enfant comme un être à part entière, écouter et respecter ses besoins lui permet de respecter et répondre à nos besoins, ce qui facilite le vivre ensemble.

J’ai beaucoup aimé le film Avatar. Pour ceux qui connaissent, une réplique dit : « on ne peut pas remplir une coupe déjà pleine. ». C’est là tout l’enjeu de l’éducation bienveillante. Nous devons nous libérer, vider notre coupe, de tous nos vieux principes, croyances et réflexes.

Nous devons nous déconditionner et nous reconditionner avec de nouveaux réflexes de comportements bienveillants. Et c’est là toute la différence entre avoir compris la bienveillance au niveau de notre cerveau rationnel et parvenir à l’appliquer dans nos comportements avant tout orientés par notre cerveau émotionnel.

 

Aujourd’hui, je remplace le besoin de « me faire obéir » par le besoin de « me faire entendre et respecter ».

 

J’aime mes enfants tels qu’ils sont, là où ils en sont. Je les écoute et les respecte. J’ai conscience de mes besoins, valeurs et croyances. J’assume mes émotions et je les accueille, ce qui me permet d’accueillir aussi celles de mes enfants.

J’ai encore beaucoup de chemin à faire mais je m’améliore de jour en jour. Je suis une maman qui veut bien faire, avec authenticité et en conscience.

 

SOMMAIRE :

1- Bienvenue.
2- Pourquoi en parler ?
3- Comment faire ?
4- J’adhère mais je galère !
5- Bienveillance commence par soi.
6- Bienveillance et apprentissages.
7- A propos de moi.

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