4.1- Astuces, conseils et anecdotes

4.1.1- Ecoute active :

  • Prendre le temps d’écouter, vouloir sincèrement écouter,
  • Accepter que son enfant soit une personne différente de soi,
  • Ne pas être effrayé par la puissance du sentiment,
  • Avoir confiance dans la capacité de l’enfant à s’occuper de ses propres sentiments.

Ecoute active2

Au début, je me disais je n’ai pas le temps de l’écouter, c’est l’heure de préparer le dîner ou c’est l’heure d’aller au lit, ou on va être en retard à l’école ou ailleurs. C’est vrai que la mise en place de l’écoute active est délicate.

J’avais bien compris qu’offrir à mon enfant un véritable temps d’écoute est libérateur pour lui alors j’ai beaucoup perturbé mes priorités. Et finalement je me suis dit que ce n’est pas si grave si on mange plus tard ou se couche plus tard. Et c’est vrai que ce n’est pas grave si la lessive n’est pas faite, ni le ménage ou si on arrive en retard au travail ou à l’école.

Finalement, à force de prendre le temps et de pratiquer l’écoute active, j’ai constaté que mes enfants parvenaient à identifier plus rapidement leurs problèmes et émotions. J’ai constaté qu’ils sont en fait très doués pour régler eux-mêmes quantité de problèmes. J’ai eu moins de crises à gérer, et maintenant, cela me fait gagner du temps !

Une autre astuce : j’ai imprimé les exemples d’expression de l’écoute active. Je les ai accrochées sur le frigo. Comme ça, je puise plus facilement dedans, et j’encourage mes enfants à me rappeler quand ils ont besoin de se sentir écouté !

Anecdotes :

Quand j’ai débuté l’écoute active, bien maladroitement, mes enfants s’arrêtaient de parler. Ils avaient tellement pris l’habitude que je proteste, argumente, justifie, explique que mon simple « hum hum » les a laissés sans voix !

J’ai tout d’abord cru à un échec. Le vide, rien ne se passe. Mais en fait, ils avaient terminés. Ils s’étaient exprimés et c’était terminé ! Pas besoin de trouver une solution, c’était ok.

Très vite, il s’est aussi produit un nouveau phénomène inattendu : j’avais ouvert la vanne des besoins. Il s’est produit une déferlante de besoins encore jamais exprimés ou que je devais certainement réprimer par mon manque d’écoute.

Bien que cela m’ai quelque peu inquiétée, en fait, cela nous a amené à utiliser énormément la médiation coopérative, car cela perturbait mes propres besoins. Pour ensuite, petit à petit se réguler et retrouver un rythme plus apaisé dans ce nouveau climat de bienveillance.

A noter bien sûre que les premiers réflexes d’agacement et de violences ordinaires reviennent à chaque fois quand on débute, petit à petit cela se calme ! Je partage plus de mon expérience personnelle dans la page « A propos de moi ».

 

4.1.2- Authenticité :

  • Vouloir être sincère,
  • Se faire connaître tel qu’on est,
  • Avoir confiance dans la capacité de l’enfant à se préoccuper de notre bien-être.

Authenticite

Ce n’est pas toujours évident d’être authentique. Certains pensent que pour éduquer un enfant, il faut lui offrir un cadre rassurant qui passe par l’image de parents infaillibles. En fait, j’ai compris que donner cette image de parent « parfait », est angoissant pour l’enfant.

L’enfant qui constate chaque jour ses erreurs, ses hésitations, ses émotions et voyant son parent si « parfait », se dit qu’il ne pourra jamais être à la hauteur, il ne pourra pas devenir un adulte aussi parfait, ce qui ruine sa confiance en lui.

Ou alors, l’enfant voit bien que l’adulte est dans le « fait ce que je dis, pas ce que je fais ». Cet enfant profitera de chaque occasion pour mettre l’adulte face à ses contradictions. Et surtout, il perd toute confiance en cet adulte malhonnête.

Sortir de l’image de l’adulte « parfait » est bénéfique. Cette démarche a été très facile pour moi. Je me suis montrée avec mes doutes et mes émotions. Je pense que savoir que l’adulte s’accepte permet à l’enfant de s’accepter lui aussi avec ses doutes et émotions.

Etre authentique, c’est aussi reconnaître ses propres besoins. Selon notre éducation, nous avons pu être coupé de nos ressentis et besoins. Alors les exprimer sincèrement est une véritable exploration intérieure. J’ai vraiment conscience de la nécessité de cette introspection, c’est pourquoi j’ai voulu la page « Bienveillance commence par soi-même ».

Etre authentique, c’est aussi renoncer à la croyance que les parents doivent faire bloc face aux enfants. En étant authentique, je m’exprime avec ma particularité et mes besoins qui sont différents de ceux de leur père ou grand parent car chaque individu est différent. Ainsi, je pense qu’être authentique permet aux enfants d’intégrer que « la carte n’est pas le territoire » ce n’est pas parce que je pense d’une certaine façon que tout le monde pense de même.

Remarques :

Etre authentique, c’est être naturel quoi ! Ben non. Etre authentique, c’est se connaître déjà soi-même avec ses valeurs, ses croyances et ses besoins pour pouvoir les exprimer aux autres. C’est à la fois simple et complexe.

Pour ma part, j’ai intégré les conventions sociales, ce que les autres attendent de moi, j’ai appris à réprimer mes émotions qui dérangeaient les adultes, j’ai construit mon image sociale de telle sorte que je ne distinguais plus mon « pantin » de ma personnalité.

Qui suis-je ? De quoi ai-je vraiment besoin ? Dans les « je veux, j’aime, j’ai besoin », quel est la part construite par le modèle véhiculé par la société ? Comment je peux savoir que ce besoin est vraiment MON besoin ?

Finalement, pour parvenir à être authentique, cela demande une véritable introspection. Le chemin de l’authenticité mène à la rencontre de soi.

 

4.1.3- Médiation coopérative :

  • Bien définir le motif du conflit,
  • Ecrire toutes les solutions proposées sur un papier, un tableau (j’ai même déjà écrit « la solution c’est que je tue mon frère », ça l’a défoulé, il s’est senti entendu et le voir écrit a fait retomber la pression !)
  • Mettre en pratique l’écoute active et s’exprimer avec authenticité sur ses besoins,
  • Prendre le temps et montrer l’importance et le sérieux de la méthode en appliquant rigoureusement chaque étape.

Mediation cooperative

Quand le conflit ne concerne que des enfants :

  • Restez complètement en dehors du conflit ou
  • Devenez médiateur en refusant d’être pris pour juge et en invitant les enfants à parler. Utilisez l’écoute active, définissez avec eux le problème, notez à leur place la liste des solutions, et maintenez le dialogue et la bienveillance dans le choix de la solution la plus acceptable pour eux.

Anecdote :

Mes 2 fils ont juste 1 an d’écart et la compétition fait rage entre eux. Les disputes sont fréquentes et parfois violentes à faire couler le sang. Elles me faisaient tellement peur que j’intervenais le plus rapidement possible. Je me postais en arbitre et juge. Puis j’infligeais la sentence. Dans ce schéma, il y a toujours un perdant qui déversait sa haine sur moi. Au final, nous étions tous bien malheureux.

Dans ce schéma de comportements, la mise en place de la médiation coopérative, n’a pas pu se faire en restant en dehors de leurs conflits. Je suis intervenue. Mais cette fois, j’ai refusé le rôle d’arbitre. J’ai reformulé les propos de chacun. J’ai arrêté les propos insultants et non constructifs. Je leur ai rappelé que nous avons instauré la bienveillance dans notre maison et que tout le monde peut ressortir gagnant du conflit.

J’ai rappelé que les conflits sont naturels entre humains. Nos besoins peuvent gêner ceux des autres. C’est ainsi mais nous devons trouver des solutions satisfaisantes pour tous. L’idée fait son chemin.

Les premières solutions trouvées étaient souvent les mêmes que celles que j’imposais avant. Comme « jouer chacun son tour pendant 10 minutes, avec le minuteur pour contrôler. » La différence, c’est que c’était LEUR proposition. Ils avaient le contrôle et ça change tout !

Après 1 an de pratique, mes enfants ont moins besoin de moi comme médiateur. Ils parviennent plus souvent à résoudre leurs conflits avec bienveillance. Et quand ils n’y parviennent pas, c’est souvent mon aîné qui vient me trouver quand il sent que la violence monte en lui. Je lui dis que je suis rassurée de savoir qu’il sait sentir quand il a besoin d’aide et le demander. Et j’interviens immédiatement en tant que médiatrice.

 

Quand vous ne trouvez pas de solution acceptable :

  • Continuez à parler ou suspendez la séance pour reprendre un autre jour.
  • Vérifiez qu’il n’y a pas un autre problème qui empêche de trouver la solution. « Je me demande ce qui nous interdit de découvrir une solution. Y a-t-il autre chose dont nous n’aurions pas parlé et qui nous empêcherait de trouver une solution ? »

Anecdote :

Mon aîné est invité à la fête d’anniversaire d’un de ses copains de classe. Trois jours avant la fête, nous discutons à la sortie de l’école avec la maman du dit copain. Là, elle parle en présence des enfants de l’un des invités qui ne pourra pas venir. Mais que le coût de l’événement est pour 10 enfants, donc elle invite mon cadet à venir puisque dans la récréation, il fait partie du groupe de copains.

Elle ne pouvait pas savoir, mais le fait que mon cadet se joigne continuellement aux copains de son frère est un sujet de conflit. Alors gênée, je lui dis merci, mais il faudrait demander à son fils s’il est ok. Ce qu’elle fait sur le champs et il l’est ! Mon cadet est ravi et mon ainé proteste. J’expose donc le conflit à la maman qui se trouve bien embarrassée.

Bref, nous allons passer les prochaines heures les plus longues de notre mise en pratique de la médiation coopérative ! Nous voilà devant le tableau avec le problème énoncé : qui va à la fête d’anniversaire ? Les solutions : untel y va et pas l’autre, l’autre y va seul, les 2 y vont, aucun n’y va. Aucune des solutions n’est acceptable. Nous sommes dans une impasse.

Nous faisons un break pour la nuit et reprenons le lendemain. Qui va à la fête ? Même impasse. Et si, en fait, le problème n’était qui va à la fête mais qu’est-ce qui vous fait plaisir ? Les solutions sont alors pour l’aîné : aller à la fête de mon copain sans mon frère et pour mon cadet : aller à une fête. Alors, si la solution était, organiser une fête pour mon cadet avec son meilleur copain. Le voilà ravi !

C’est ainsi qu’après plus de 5 heures, nous avons enfin trouvé les solutions qui comblaient de joie les 2 frères redevenus complices et aimants. Moralité : tenir bon, une impasse signifie simplement que la source du problème n’est pas encore identifiée car tout problème possède sa solution bienveillante !

 

Quand une entente n’est pas respectée :

  • « Je suis déçu de voir que tu n’as pas accompli la tâche que tu avais promis de faire. »
  • « Je suis surpris que tu n’ais pas effectué ta part du marché. »
  • « Je trouve inacceptable que tu n’ais pas observé notre entente alors que moi je l’ai fait. »
  • « Je croyais que nous étions d’accord pour… et maintenant je me rend compte que tu n’as pas fait ce qui était convenu, je n’aime pas du tout ça. »
  • « Je croyais que notre problème était réglé. Je suis irrité qu’apparemment ce ne soit pas le cas ».

Une fois que l’enfant a expliqué ce qui l’a amené à ne pas tenir parole, vous pouvez :

  • Aider l’enfant à chercher des moyens de s’en souvenir.
  • Reconsidérer le problème et trouver une meilleure solution.
  • Réaffirmer que la méthode repose sur la responsabilité de chacun et sur la confiance. « C’est important, nous tentons sérieusement de tenir compte de nos besoins respectifs ».

Quand on a eu l’habitude d’imposer ses exigences et solutions aux enfants et que l’on débute la médiation coopérative, il se peut que l’enfant ne parvienne pas à coopérer. En effet, ses capacités à l’auto-détermination et à se responsabiliser n’ont pas pu se développer.

Aussi, donnez du temps à l’enfant pour qu’il constate que vous restez déterminé dans cette bienveillance. Plus il constatera que ses besoins sont à présent respectés et écoutés, plus il sera en mesure d’écouter les vôtres.

 

Remarque :

Personnellement, je n’ai pas rencontré de grandes difficultés, contrairement à des mamans d’adolescents. Je pense donc que plus les enfants sont âgés, plus le démarrage des outils de bienveillance seront challengés. Tenez le cap, maintenez votre détermination et les enfants suivront.

 

 

SUITE DES AUTRES RESSOURCES :

4.2- Ateliers ressources

Cet atelier était GÉNIAL, à la fois dans le fond pour la prise de conscience (d’une évidente inconscience après coup), mais aussi dans la forme grâce à Karine qui donne 100% de sa personne aux participants comme si nous étions des proches.

A mon sens, ce serait un drame de continuer à vivre sans s’arrêter en chemin un après-midi et se laisser offrir ce que nous offre Karine. Ça vaut le détour mais attention ça déboussole. Ou plutôt votre boussole va être ré-étalonnée. C’était un grand moment (il y a avant et après cette expérience et une révolution entre 2).

Je mets en pratique tous les jours ce que j’ai appris, et ce avec tout le monde. Je souhaite à tous de bénéficier de cet atelier.

Cécile (maman d’un enfant de 8 ans)

 

 

4.3- Ressources à lire et à voir