6.3- Bienveillance et instruction en famille

  1. Loi sur l’instruction,
  2. Choix de l’IEF,
  3. Apprentissages informels,
  4. Enquêtes liées à l’IEF,
  5. Socialisation,
  6. Liberté, bonheur et apprentissages,
  7. Diplômes et vie professionnelle.

 

1- Loi sur l’instruction

La loi sur l'instruction

En France, l’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est.

Contrairement à l’Allemagne où l’école est devenue obligatoire sous Hitler. Evidemment,  « Education is the most powerful weapon which you can use to change the world. » Nelson Mandela.

Changer le monde, dans le bon sens comme dans le mauvais. Mais qui décide du bon sens ? L’école publique française est pilotée par l’Etat. Donc ce sont des politiques qui décident ce que devront ou ne devront pas apprendre les enfants. Difficile pour ces dirigeants de faire des choix dans le sens opposé de leurs propres croyances…

La loi sur l’instruction a été écrite par Jules Ferry. A cette époque,  » l’écrasante majorité des membres de la chambre était constituée de bourgeois, de privilégiés, appartenant à la classe sociale la plus élevée de la IIIème  république, qui avaient pour habitude de livrer leur progéniture aux bons soins des précepteurs ou des écoles privées. Et sans cette liberté accordée, le projet de loi n’aurait tout simplement pas pu voir le jour !  « .  http://pousse-toidemonsoleil.eklablog.com/ils-sont-perces-a-jour-c25990730

Malgré cela, je pense que cette loi est bienveillante car elle permet à tous les parents de faire le choix de l’école traditionnelle ou alternative ou de l’instruction en famille formelle ou informelle (dit aussi unschooling).

 

2- Choix de l’IEF

Le choix de l'ief (2)

Je pense qu’instruire en famille doit  correspondre à un vrai choix. Il s’agit d’une pratique plutôt marginale en France. D’ailleurs de nombreux Français croient à tord que c’est l’école qui est obligatoire. Les raisons de ce choix sont aussi nombreuses que les personnes à l’avoir fait !

Je pense que ce choix correspond plus à un mode de vie qu’à un choix pédagogique. Bien sûre, le bien-être de l’enfant est au cœur de ce choix qui permet de respecter ses rythmes, goûts, intérêts, sa personnalité et sa créativité. Et ses parents sont les personnes les mieux placées pour l’accompagner dans l’amour, la confiance et le respect.

L’IEF est donc un choix, non un rejet de l’école. Même si certains enfants ont connus un début de scolarité avant d’être instruits en famille, il ne s’agit pas d’un choix contre l’école.

Pour illustrer cela, prenons l’exemple de l’allaitement. Certaines mamans vont immédiatement choisir le biberon et n’essaieront pas d’allaiter. D’autres essaieront puis passeront au biberon. Ce choix n’est pas fait contre l’allaitement, il est juste fait car il convient mieux à la personne.

Pour l’IEF, je dirais que c’est la même chose. Les familles peuvent tester différents moyens d’instruction avant de faire le choix de l’IEF, surtout si comme moi, ces personnes découvrent tardivement que ce choix est possible !

L’IEF est un véritable mode de vie comme l’illustre cette histoire :

Deux femmes se retrouvent dans un parc, pendant que leurs enfants se balancent et jouent au ballon. Les deux femmes les surveillent, assises sur un banc. Au bout d’un moment, elles se mettent à discuter

  • Bonjour, je m’appelle Martine. Mes enfants sont les trois en rouge, ça m’aide à les repérer.
  • (Sourire) Moi c’est Thérèse. les miens sont ceux en rose et en jaune. Vous venez souvent ici ?
  • Deux ou trois fois par semaine, après la bibliothèque.
  • Oh ! Comment faites-vous pour trouver le temps ?
  • On fait l’école à la maison, alors on vient dans la journée le plus souvent.
  • J’ai des voisins qui font aussi l’école à la maison, mais les miens vont à l’école publique.
  • Comment faites-vous ?
  • Ce n’est pas facile. Je vais à toutes les réunions de parents et je fais travailler les enfants tous les soirs après l’école, je m’implique beaucoup.
  • Mais la socialisation ? Ca ne vous ennuie pas qu’ils soient enfermés toute la journée avec des enfants du même âge, sans aucune possibilité d’avoir des relations naturelles ?
  • Eh bien, oui, mais je me donne du mal pour compenser ça. Ils ont des amis qui font l’école à la maison, et nous allons chez leurs grands-parents presque tous les mois.
  • Vous semblez une mère très dévouée. Mais est-ce que ça ne vous ennuie pas toutes les occasions qu’ils manquent ? Je veux dire en étant tellement isolés de la vie réelle – comment vont-ils savoir à quoi le monde ressemble – ce que font les gens pour gagner leur vie – comment s’entendre avec tous ces gens différents ?
  • Oh, nous en discutons aux réunions de parents, et nous avons créé une caisse pour inviter des gens réels dans les classes. Le mois dernier, un policier et un docteur sont venus parler dans toutes les classes. Et le mois prochain, il y aura une femme du Japon et un homme du Kenya.
  • Oh, nous avons rencontré un japonais au supermarché l’autre jour, et il en est venu à parler de son enfance à Tokyo. Mes enfants étaient complètement fascinés. Nous l’avons invité à dîner et nous avons fait connaissance de sa femme et de ses trois enfants.
  • Super. Hum, peut-être devrions-nous prévoir des plats japonais à la cantine pour la Journée Interculturelle.
  • Peut-être votre invitée japonaise pourrait-elle manger avec les enfants ?
  • Oh non, elle a un emploi du temps très chargé. Elle a deux autres écoles à visiter ce jour-là. Ce que nous faisons est projet collectif.
  • Oh, dommage. Eh bien, peut-être allez-vous rencontrer quelqu’un d’intéressant au supermarché un jour, et vous pourrez l’inviter à dîner.
  • Je ne pense pas. Je ne parle jamais aux gens dans les magasins – et sûrement pas à ceux qui risquent de ne même pas parler notre langue. Et si ce japonais n’avait pas parlé français ?
  • Pour tout vous dire, je n’ai pas eu le temps d’y penser. Avant même que je l’aie remarqué, mon fils de 6 ans lui demandait ce qu’il allait faire avec toutes les oranges qu’il achetait.
  • Vos enfants parlent à des étrangers ?
  • J’étais juste à côté de lui. Il sait que tant qu’il est avec moi, il peut parler à qui il veut.
  • Mais vous lui donnez de mauvaises habitudes. Mes enfants ne parlent jamais à des étrangers.
  • Même quand ils sont avec vous ?
  • Ils ne sont jamais avec moi, sauf à la maison après l’école. Alors vous voyez pourquoi il est si important qu’ils comprennent qu’il est absolument interdit de parler à des étrangers.
  • Oui, je vois. Mais s’ils étaient avec vous, ils pourraient avoir l’occasion de rencontrer des gens intéressants en toute sécurité. Ils auraient un aperçu du monde réel, dans des situations réelles. Ils pourraient aussi sentir réellement ce qui permet de dire qu’une situation est dangereuse ou suspecte.
  • Ils verront ça en CE2 et CM2, en Instruction Civique.
  • Eh bien, je vois que vous êtes une maman attentionnée. Je vous laisse mon numéro – si jamais vous voulez discuter, appelez-moi. J’ai eu plaisir à faire votre connaissance.

(http://www.lesenfantsdabord.org/mieux-connaitre-ief/temoignages/mais-la-socialisation/)

Remarque :

Personnellement, le temps passé avec mes enfants me fatiguait car je le vivais comme un véritable harcèlement. J’étais donc heureuse de les confier à l’école pour souffler un peu. Je faisais parti de ces parents soulagés quand le lundi matin arrive !

Je pense donc que tant que l’on n’a pas instauré la bienveillance dans sa maison, tant que l’on n’apprécie pas ses enfants tels qu’ils sont, ainsi que le temps passé avec eux, l’instruction en famille est un choix impossible !

Le premier choix éducatif de la bienveillance me semble indispensable pour pouvoir faire le choix d’instruire en famille.

 

3- Apprentissages informels

Les apprentissages informels2

On ne peut pas de pas apprendre. Quand on poursuit ce choix de vie avec le respect des rythmes, goûts et intérêts de l’enfant, on arrive à s’intéresser aux apprentissages informels. L’enfant a-t-il besoin que quelqu’un lui dise quoi apprendre, quand et comment le faire ?

Pour Jean-Pierre Lepri (education-authentique.org), John Holt (Les apprentissages autonomes), Alexender S. Neill (Libres enfants de Summerhill), Claudia Renau (L’apprentissage informel expliqué à mon inspecteur), Clara Bellar (film documentaire « Etre et Devenir » http://www.etreetdevenir.com/EED.fr.html#Videos), et de nombreuses autres personnes, la réponse est : « apprendre m’est naturel, comme respirer ou dormir. Organiser cet apprendre en éducation-formation, c’est introduire des biais qui pourraient, à mon insu, causer plus de mal que de bien.

Encore une fois, le but n’est pas de dire qu’un model d’apprentissage est meilleur qu’un autre. Simplement, que chaque personnalité doit pouvoir trouver celui qui lui convient le mieux. L’intérêt n’est pas d’opposer une façon de faire à une autre mais de s’enrichir les uns des autres. Malheureusement, face au choix du « unschooling », les réactions désapprobatrices sont émotionnellement chargées, comme si ce choix ruinait toutes les chances de réussite de l’enfant.

J’ai trouvé cette BD qui illustre parfaitement les réactions désapprobatrices : http://apprendrealairlibre.com/2012/12/29/quand-nos-proches-critiquent-nos-choix-dief/

l-ief-n-est-pas-une-solution

Finalement, je pense que ces idées reçues et peurs viennent d’un manque de connaissances lié à l’adhésion d’un model de réussite particulier :

  • Travailles bien à l’école,
  • Passes ton bac,
  • Fais les plus hautes études que tu peux,
  • Plus tu auras de diplômes, plus tu accéderas à des emplois rémunérateurs et gratifiants,
  • Plus ton travail sera rémunérateur et gratifiant, plus tu seras heureux.

Dans le cas où le parent adhère au model de réussite, il voudra que son enfant obtienne les meilleurs résultats scolaires et pourra décider de faire l’école à la maison. Que ce soit un parent ou le CNED qui fasse l’école, l’idée est que l’instruction y sera adaptée au rythme et à la particularité de l’enfant, donc plus efficace pour obtenir les meilleurs diplômes.

Mais force est de constater que ce modèle de réussite correspond à une situation économique du passé. Aujourd’hui, le nombre de cadres « bien » diplômés et au chômage ne cesse d’augmenter. Le diplôme n’est plus un gage d’emploi et encore moins de bonheur.

Ensuite, dans ce modèle de réussite, il y a obligatoirement ceux qui ne réussissent pas. C’est là une critique récurrente de notre école française : un model basé sur les échecs de certains pour pouvoir dégager une élite.

Enfin, entre le numérique, l’imprimante 3D, la robotique et les mouvements économiques mondiaux, il est difficile de dire aux enfants ce que sera le monde de demain. Qui peut dire que tel savoir est le plus pertinent ? Le monde d’aujourd’hui n’est plus le monde d’hier, ni le monde de demain.

Dans le cas où le parent adhère à un autre model de réussite, le choix du « unschooling » prend tout son sens. Le « unschooling » permet à l’enfant d’aller à la rencontre de ses propres talents, à son rythme, pour trouver la place qu’il souhaite occuper dans ce monde en constant mouvement.

Ce mode d’instruction implique de nombreuses sorties, rencontres et participations à des ateliers. Cela signifie non seulement passer tout son temps avec ses enfants mais aussi organiser, planifier, accompagner. Et quand il y a plusieurs enfants d’âges différents, l’organisation est encore plus rigoureuse.

Alors je pense que le choix du « unschooling » nécessite plus que tout, la base d’une éducation bienveillante, sans quoi, cette organisation perdra le sens du bien-être de l’enfant.

Remarques :

En Suède, le modèle de réussite est le bien-être. J’aime ce modèle : sois heureux, développes tes potentiels et talents et tu parviendras forcément à trouver ta place dans la structure sociale et économique.

Le modèle éducatif suédois – Reportage Soir 3 le 18/04/2012 : http://youtu.be/qD86zJa6Tro

 

4- Enquêtes liées à l’IEF

Face au caractère libre de l’IEF, et aux peurs qui en découlent, l’état impose des enquêtes.

La première peur est celle d’une dérive sectaire, et aujourd’hui, d’une dérive religieuse extrémiste. A noter que les rapports successifs de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les DErives Sectaires) créée en 2002, montrent que l’IEF n’était pas particulièrement concernée par le phénomène sectaire.

La Mairie est tenue de mener une enquête tous les 2 ans. Cette enquête est menée « uniquement aux fins d’établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables, et s’il leur est donné une instruction dans la mesure compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille ». (http://www.lesenfantsdabord.org/la-loi/le-cadre-juridique/les-controles/enquete-de-la-mairie/)

Anecdote :

Environ un mois après avoir envoyé mon courrier de déclaration d’IEF (http://www.lesenfantsdabord.org/la-loi/le-cadre-juridique/declaration-lettre-type/), j’ai été contacté par la responsable des services enfance enseignement de ma ville. Elle m’informe qu’elle viendra personnellement me rencontrer à mon domicile et qu’à cette occasion, je dois préparer une liste de documents :

  • Livret de famille,
  • Carnet de santé des enfants,
  • Justificatif de domicile,
  • Justificatifs de ressources,
  • Planning d’organisation.

Grâce au site lesenfantsdabord.org, je sais que cette personne n’a pas le droit de me demander tous ces documents que je trouvais très intrusifs.

Cette personne n’était visiblement pas informée que cette enquête est une formalité administrative, non une enquête sociale. Elle ignorait qu’elle avait le devoir de respecter ma vie privée et sa demande de documents était abusive.

Les enquetes de l'ief

La seconde peur est celle du défaut d’instruction. En IEF, l’enfant est tenu d’acquérir le Socle commun des connaissances. C’est-à-dire, qu’il a jusqu’à ses 16 ans, sans obligation de programme scolaire, pour acquérir une liste de compétences.

(http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000818367&fastPos=5&fastReqId=1465058641&categorieLien=id&oldAction=rechTexte)

C’est un inspecteur de l’éducation nationale qui est chargé de veiller, une fois par an, de l’évolution des progrès de l’enfant. C’est une situation délicate car sauf exception, le système scolaire est l’unique expérience de vie d’un inspecteur de l’éducation nationale. (http://cres.revues.org/179#text)

Cet inspecteur, qui maîtrise particulièrement bien les grilles des programmes scolaires et qui est souvent sincèrement convaincu par ce système, doit parvenir à s’adapter au caractère libre du « unschooling » avec ses modalités informelles totalement opposées à celles de l’école. Certains inspecteurs réussissent cet exercice acrobatique alors que d’autres sont complètement perdus, et exigent des contrôles scolaires au mépris de la loi.

Car la loi dit « l’inspecteur d’académie contrôle la progression de l’enfant en fonction des choix éducatifs des parents, dans le cadre du programme qu’ils entendent suivre, sans référence au niveau scolaire d’une classe d’un établissement d’enseignement public ou privé sous contrat. Pour que le contrôle soit bien ciblé, les personnes responsables de l’instruction de l’enfant peuvent faire connaître leurs choix éducatifs à l’inspecteur d’académie chargé du contrôle. Ce contrôle doit tenir compte de l’âge et de l’état de santé de l’enfant et toujours se faire en référence aux contrôles antérieurs, pour avoir une approche objective de la progression réelle de l’enfant. C’est pourquoi il doit être individualisé et spécifique à chaque enfant. »

Remarques :

La première enquête pédagogique a lieu après le 3ème mois de la déclaration d’IEF. Pour nous, ce sera à partir de mi-avril 2015.

Ce que je ressens de l’expérience des familles en IEF, c’est le manque de formation des inspecteurs qui mènent les contrôles. La plupart semblent démunis pour réaliser ce contrôle tout en respectant le choix des parents de ne pas soumettre l’enfant à des tests.

Le manque de correspondance entre une grille académique qui précise ce qu’un enfant doit savoir à quel âge et le caractère libre des apprentissages informels, crée des situations conflictuelles.

Pour surmonter ces contrôles et garder son calme face à certaines personnes non formées qui ne respectent pas la loi, je pense que maîtriser les outils de la bienveillance est indispensable.

A noter qu’environ 3 000 enfants sont déclarés en IEF (en 2010). Bien que ce chiffre soit particulièrement bas, entre les réactions désapprobatrices et certains contrôles abusifs, c’est comme si ces familles étaient « dangereuses ». Peut-être trop libres ? Un peu trop différentes, révolutionnaires ? http://descolarisation.org/

 

5- Socialisation

La socialisation

L’humain est un être sociable. Donc si un enfant (ou un adulte !) ne l’est pas, c’est souvent pour se protéger car il a peur de se sentir agressé par les autres. L’IEF, grâce à son environnement sécurisant, permet à l’enfant de trouver ou retrouver son aisance sociale.

La socialisation, c’est savoir vivre avec les autres. En « unschooling », l’enfant fait de nombreuses sorties et rencontres, il est un enfant entouré. Souvent, il a une fratrie. Ensuite, il a ses copains, se sont des voisins scolarisés et des copains non scolarisés tout comme lui, qu’il voit fréquemment.

Enfin, le « unschooling » permet aux enfants de fréquenter de plus près la « vraie vie ». Loin du cloisonnement des écoles, le « unschooling » permet aux enfants de visiter un grand nombre d’infrastructures et de rencontrer de nombreux professionnels. Proche des réalités quotidiennes, l’enfant construit une vision actuelle et concrète de la société tout en s’y intégrant.

L’étude de L.Shyers et T. Smedley (Home School Researcher, Vol. 8, n°3) conclut que les enfants non scolarisés ont une meilleure image d’eux-mêmes que les groupes d’enfants scolarisés étudiés, qu’ils participent à autant d’activités « extrascolaires » et autres activités développant des qualités de « leadership » et qu’ils ont moins de problèmes de comportement en groupe que les enfants scolarisés étudiés.

Encore une fois, l’idée n’est pas d’opposer un fonctionnement à un autre. Il est vrai que l’école traditionnelle doit faire face à de nombreux problèmes de violence. Afin d’y faire face, de plus en plus de professeurs et élèves sont formés à la médiation coopérative.

Comme je pense que le choix de l’IEF ne peut se faire qu’après avoir instauré la bienveillance, il est naturel que la coopération et la médiation coopérative y soient des pratiques courantes. Et ces pratiques engendrent un savoir-être qui permet une bonne socialisation.

Remarque :

Jean d’Ormesson, dont sa seule rentrée scolaire a été Hypocagne, raconte  avoir été un enfant seul et surprotégé par sa mère, ce qui n’est pas une situation courante en IEF, mais cela ne l’a pas empêché d’apprendre à vivre en société, aux côtés des autres, même de personnes qu’il n’apprécie pas forcément ! http://youtu.be/mmi5uLI6kHk.

 

6- Liberté, bonheur et apprentissages

Liberté bonheur et apprentissages

Le « unschooling » est souvent fait par des parents qui n’ont pas pour priorité les grands diplômes et les emplois qui vont avec. Je pense que les valeurs transmises sont celles de la liberté et du bonheur dans un climat d’éducation bienveillante.

Avec cette conviction largement prouvée que le petit d’homme est naturellement un apprenant et qu’en lui permettant d’être libre et heureux, il développera ses potentiels et ressources pour atteindre les objectifs qu’il se fixera.

J’ai constaté que les qualités favorisées par le « unschooling » sont les mêmes que celles de l’éducation bienveillante : confiance en soi, auto-détermination et responsabilisation.

L’IEF me parait favoriser le droit à la protection de l’enfant car il lui fournit un environnement protecteur qui préserve son bien-être. Comme ce qui caractérise l’enfant, c’est sa vulnérabilité, il est important de ne pas le confronter trop jeune à des situations d’agressions. L’IEF permet à l’enfant de prendre le temps de se développer dans un climat où il se sent en sécurité.

Je pense que ce qui détruit le désir intrinsèque d’apprendre du petit d’homme, c’est un climat d’humiliations, de compétitivité et de jugement qui peut être ressenti lors des tests, devoirs et contrôles. Le « unschooling », grâce à l’absence de tests, peut donc être particulièrement favorable au désir d’apprendre et à la bienveillance.

En « unschooling », pas d’étiquette d’enfants hyperactif, précoce ou dys-quelque chose. Chaque enfant dispose de l’espace et du temps qui lui est nécessaire pour grandir à son rythme et lui permettre de développer ses facultés avec un sentiment de réussite.

Je vois qu’en « unschooling », la notion d’échec n’existe pas dans la mesure où les bases d’une éducation bienveillante sont établies.

 

7- Diplômes et vie professionnelle

L’instruction en famille est un format d’instruction libre qui rend chaque expérience unique. Un jeune qui n’était jamais allée en classe décide d’intégrer la 6ème, un autre préfère attendre la seconde, d’autres ont une expérience de l’école puis passent en IEF à l’âge de 7, 10 ou 14 ans pour ensuite passer le bac en candidat libre. Certains intégreront des écoles d’ingénieur, d’autres un cursus linguistique ou artistique. Autant d’enfants que de parcours !

(http://www.lesenfantsdabord.org/mieux-connaitre-ief/temoignages/que-font-ils/)

Le parcours libre en IEF s’apparente à celui de Summerhill. Dans le livre « Libres enfants de Summerhill », on trouve un rapport des inspecteurs de gouvernement britannique qui écrit : « l’éducation reçue à Summerhill n’est pas incompatible avec la réussite dans le monde » suivi d’une liste d’exemples professionnels.

Blog d’une jeune fille issue de l’IEF :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/03/05032015Article635611354551202554.aspx

 

Remarques :

Je voudrais plus de témoignages du type : IEF de ma naissance à 18 ans puis bac, école machin, métier actuel truc. Ou déscolarisé à 10 ans, en IEF jusqu’à 16 ans puis apprentis boulanger, aujourd’hui chef d’entreprise.

L’idée, c’est de donner une palette de pleins de parcours qui montrent que quelques soient les chemins, tous ont menés à l’intégration dans la société. Pour moi c’est une évidence mais rien ne vaut ce genre de retour pour rassurer les grands-parents, oncles et tantes inquiets.

Je lance donc un appel à témoignages ! Ecrivez moi votre parcours pour que je le publie : karine.stoëckel@gmail.com.

L’IEF offre un potentiel de réussite professionnelle au moins identique à la scolarisation. En IEF, chaque jour est une aventure, une ouverture au monde, aux autres, à ses potentiels, dans un climat sécurisant. Et bien sûre, une éducation bienveillante participe activement au climat joyeux et au bon déroulement du « unschooling ».

 

SOMMAIRE :

1- Bienvenue.
2- Pourquoi en parler ?
3- Comment faire ?
4- J’adhère mais je galère !
5- Bienveillance commence par soi.
6- Bienveillance et apprentissages.
   6.1- Besoins et droits des enfants,
6.2- Bienveillance à l’école,
6.3- Bienveillance et Instruction en famille.
6.3.1- Loi sur l’instruction,
6.3.2- Choix de l’IEF,
6.3.3- Apprentissages informels,
6.3.4- Enquêtes de l’IEF,
6.3.5- Socialisation,
6.3.6- Liberté, bonheur et apprentissages,
6.3.7- Diplômes et vie professionnelle suite à l’IEF.
7- A propos de moi.

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